Code breaking… à la française

Les services de renseignement français seraient-ils parvenus à casser le cryptage utilisé par l’application de messagerie instantanée Telegram plébiscitée par la nébuleuse djihadiste depuis son lancement en 2013 ?

C’est du moins la question qui a animé la conférence GLOBSEC 2018, qui s’est tenue à Bratislava, après les déclarations du ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, à BFMTV suite à l’arrestation de deux Egyptiens préparant un attentat sur le sol français : «Il se trouve que nous suivons un certain nombre de personnes sur des réseaux. Il se trouve qu’eux étaient sur Telegram. Nous avons pu déceler ce projet d’attentat et les arrêter.»

Le système de cryptage de Telegram, fondé par le russe Pavel Durov, est réputé pour avoir tenu en échec bon nombre de services d’interception, y compris anglo-saxons. Ainsi ce n’est qu’en mars dernier, à l’issue d’une procédure auprès de la Cour suprême russe, que le FSB est parvenu à obtenir toutes les clés de cryptage des utilisateurs du réseau.

Selon l’experte française en cyber­terrorisme Laurence Bindner, ce n’est pas la première fois que les services antiterroristes français obtiennent des renseignements critiques par l’exploitation de Telegram : les experts du chiffre de la DGSI ou de la DGSE sont-ils parvenus à exploiter une faille de l’algorithme de chiffrement, le réseau serait-il infiltré par des sources humaines, ou y a-t-il eu échanges de renseignements entre services français et étrangers pour l’obtention de clés personnelles ?

Toujours est-il qu’un vent de panique a soufflé ce week-end au sein de la communauté des experts cyber djihadistes qui recommandent désormais aux sympathisants de ne plus utiliser cette application. Ils étaient déjà suspicieux depuis près d’un an à l’égard de Telegram et avaient pris des mesures de SECOPS. Ainsi lorsque le journaliste allemand de Bild, Björn Strizel, était parvenu, l’été dernier, à faire croire au réseau de soutien de Daech qu’il préparait un attentat, un «coach» lui avait recommandé de changer d’application et de détruire sa carte SIM…

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