Les célébrations d’Al-Qaida  

Signe des temps, ce ne sera désormais plus l’anniversaire des attentats «victorieux» du 11 septembre 2001 qu’Al-Qaida commémore, mais «l’échec» des soulèvements populaires dans les pays du «printemps arabe». Comme l’année dernière, l’Egyptien Ayman Al-Zawahiri a choisi le 25 janvier, date de la révolution égyptienne, pour faire un point, amer et désabusé, sur l’état d’avancement, en l’occurrence de recul, de ces révolutions «ratées».

Dans un communiqué audio intitulé «Sept ans après, où se trouve le salut ?», le successeur d’Oussama ben Laden constate que les régimes renversés en Tunisie, Egypte, Libye et Yémen sont, depuis, tous revenus aux commandes, «plus féroces et corrompus» encore. Seule la révolution syrienne échappe à ce destin funeste, mais pour un sort non moins enviable : celui d’être rentrée «dans la spirale des solutions internationales», passant ainsi sous le contrôle des puissances étrangères et de leurs intérêts.

La faute de ce grand gâchis revient aux partis islamistes, les Frères musulmans d’Ennahda en Tunisie et du Parti liberté et justice de Mohammed Morsi en Egypte, qui, au lieu d’appliquer le régime de la charia comme demandé par le peuple selon lui, ont fait des «concessions empoisonnées» à l’Occident et aux Etats-Unis ouvrant la voie à la reprise en main des anciens dictateurs.

Seul moyen de gagner et regagner les révolutions perdues, Al-Zawahiri en appelle à l’application stricte d’une ligne dure n’autorisant aucun compromis politique ni idéologique. Une stratégie qui apparaît comme étant déjà à l’œuvre en Syrie, pour préparer l’après-Etat islamique. Exit Hayat Tahrir al-Sham (HTS) une coalition de plusieurs organisations, dominée par l’ex-Front Al-Nosra et liée à Al-Qaida, qu’Al-Zawahiri avait désavouée. A sa place, une nouvelle organisation hybride s’est imposée dans le paysage djihadiste : Jamaat Ansar Al-Forqan fi bilad Al-Cham (Groupe des partisans du discernement en Syrie, GPDS), alliant l’école Al-Qaida à l’expérience opérationnelle de Daech. Cette nouvelle organisation, créée en octobre dernier qu’Al-Zawahiri prend soin de ne pas mentionner, est dirigée par Hamza ben Laden, le fils du fondateur d’Al-Qaida et la future relève de son successeur.

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