Armée de Terre : vers la maintenance 2.0

Alors qu’elle prépare sa mue technologique sur le plan capacitaire avec le lancement du programme Scorpion, l’armée de Terre a lancé, en parallèle, une «révolution culturelle» en matière de MCO, avec deux expérimentations de transformation digitale baptisées DEDAL et ICAR. En passant au tout numérique (exit le bloc-notes en papier des maintenanciers), l’armée de Terre espère accroître la productivité des opérations de maintenance en métropole : régiments de forces, de matériel et bases de soutien. Tout en renforçant l’attractivité du métier, en proposant un environnement technologique familier aux jeunes engagés.

Présenté à Eurosatory par la Structure intégrée du maintien en condition opérationnelle des matériels terrestres (SIMMT), DEDAL vise à déporter la fonctionnalité de saisie des informations liées aux opérations de maintenance en travées d’atelier. Les opérateurs peuvent donc, grâce aux bornes installées au plus près des opérations, accéder à l’ensemble des informations sur les matériels entravés, notamment l’état des travaux en cours, les dernières opérations effectuées, le potentiel kilométrique ou le nombre de tirs effectués. Ceci via le système d’information du MCO terre, SIM@T, et grâce à l’identifiant unique à chaque véhicule contenu dans sa puce RFID.

Ces opérations sur borne permettent aussi de comptabiliser le temps de travail effectif consacré à chaque opération, par un ou plusieurs opérateurs, et offrent un gain de temps considérable, évitant aux maintenanciers de systématiquement se diriger vers le chef d’atelier, seul à disposer d’un ordinateur pour la saisie de l’ensemble des données. DEDAL est déployé à titre expérimental depuis octobre pour une durée d’un an dans deux régiments du matériel : le 8RMAT (Versailles) et le 6RMAT (Gresswiller).

Autre expérimentation en cours, l’interface de connexion automatique pour le recueil de données technico-logistiques des matériels terrestres (ICAR), qui permet une identification automatique du matériel et une remontée d’information sans saisie (via ici encore la puce RFID) sur tablette ou smartphone. Déployé depuis juillet 2017 dans neuf régiments (dont le 501régiment de chars de combat) et une base aérienne, ICAR, qui permettra de limiter au maximum les opérations de saisie (augmentant la fiabilité des informations) et de gagner beaucoup de temps, est expérimenté par étapes : certaines fonctions liées au recueil de données ont ainsi déjà été testées, comme le chargement sur tablette de la très dense documentation technique propre à chaque véhicule, auparavant uniquement consultable sur poste fixe, ou encore l’identification du matériel avec géolocalisation.

Accessible via l’application NOMAD, développée en partenariat avec Sopra Steria, cet outil de mobilité, permettra, à terme, d’aller beaucoup plus loin, en matière de stockage (big data) et de traitement des données, notamment de poser les premières briques de maintenance prédictive des matériels terrestres. Ainsi, les informations sur l’état de santé des matériels pourront être partagées avec les industriels pour la partie traitement, afin de déterminer quels actes de maintenance – industrielle ou étatique – doivent être effectués. Un responsable de la SIMMT confiait qu’un tel dispositif, aujourd’hui à l’état théorique, n’atteindrait un niveau de performance acceptable qu’après deux ans d’expérimentation active.

 

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