ADS Show 2018 : le MCO en mouvement  

Les 26 et 27 septembre s’est tenu, sur la Base Aérienne 106 «Capitaine Michel Croci» de Bordeaux-Mérignac, le salon ADS Show, le seul en Europe spécialement dédié au maintien en condition opérationnelle (MCO). Avec 120 exposants, il a accueilli 5 088 visiteurs après avoir été inauguré par la ministre des Armées Florence Parly, accompagnée de sa secrétaire d’Etat Geneviève Darrieussecq, qui a donné le ton en répétant haut et fort aux acteurs présents : «Il faut que ça vole !»

L’ADS Show peut bénéficier du soutien local de deux institutions basées sur la BA 106. D’abord le Commandement des Forces aériennes (CFA), chargé de la préparation et du soutien opérationnel des forces conventionnelles, spéciales et d’appui (à la tête de six brigades) et des ressources humaines et techniques permettant à l’armée française de disposer d’une force aérienne autonome en opération extérieure. Il regroupe ainsi 23 000 hommes et femmes répartis dans plus de 500 unités en France et à l’étranger, mais aussi, depuis mai dernier, du soutien de la nouvelle Direction de la maintenance aéronautique (DMAé), directement rattachée à l’EMA, qui a remplacé la «Structure intégrée du maintien en condition opérationnelle des matériels aéronautiques du ministère de la Défense» (SIMMAD).

C’est désormais cette structure encore plus centralisée mais très rationalisée qui est chargée d’assurer la meilleure disponibilité des aéronefs et d’en maîtriser les coûts pour sept donneurs d’ordre : les trois armées, la gendarmerie nationale, les douanes, la sécurité civile et la DGA-essais en vol, soit plus de 1 250 avions et hélicoptères d’une cinquantaine de types différents ! Tout cela en réduisant de façon drastique les types de prestations et les contrats intermédiaires, jugés trop nombreux par la ministre. Le ministère des Armées va dépenser 4,2 milliards d’euros en 2019 (avec une croissance de 8%) pour assurer le MCO de ses aéronefs : un véritable pactole pour les industriels partenaires de la DMAé pour lesquels ce salon s’est traduit en sous-main par quelque 1 000 rendez-vous de travail enregistrés sur deux journées via l’ADS Seminar organisé pour la première fois à Mérignac.

Avec la préparation d’un avenir placé de plus en plus sous le signe du numérique et de l’automatisation des tâches, grâce à l’introduction de l’intelligence artificielle et à l’extension de l’impression 3D par fabrication additive pour les pièces de rechange. La ministre s’est déclarée attentive à toutes les pistes d’innovation — telles l’inspection des cellules d’avion par drones aériens ou terrestres, la robotique avancée ou encore la maintenance prédictive — pouvant révolutionner le MCO avec les gains de temps que peuvent apporter les nouvelles technologies — ce qui n’est pas toujours simple avec des appareils de plus de 25 ans de moyenne d’âge.

Pour le ministère des Armées, la feuille de route vers le MCO du futur est déjà pavée de réalisations concrètes, toutes susceptibles d’apporter des bénéfices rapides tout en s’inscrivant avec cohérence dans une stratégie d’amélioration permanente. Ce MCO du futur bénéficie d’un flux d’inventions permanentes en matière de simulation des interventions, ce qui facilite et rationalise plus encore les actions d’entretien. C’est aussi le cas de la RFID déployée dans les entrepôts pour gagner en visibilité et traçabilité sur l’ensemble de la chaîne logistique tout en minimisant les immobilisations de stocks. Il faut savoir que la DMAé doit gérer au quotidien plus d’un demi million de références en stock, quelque 250 contrats et une trentaine de systèmes d’information. Ce qui n’est pas simple.

«A un moment où de nouveaux équipements sont livrés à nos forces aériennes et déployés en opération, il est essentiel que nous fassions en sorte qu’ils ne soient pas immobilisés si quelque chose ne tourne pas rond», a déclaré en substance la ministre, qui a rappelé qu’en 2019, les armées recevront dix nouveaux hélicoptères NH90, le premier de quinze Airbus A330 MRTT Phénix, un Airbus A400M de plus, deux ravitailleurs de transport Lockheed Martin KC-130J, deux (Beechcraft 350) ALSR et plusieurs patrouilleurs Atlantique 2 modernisés, ce qui se traduira nécessairement par des besoins en MCO accrus.

Des besoins auxquels les industriels prêteront un concours visiblement très actif, comme ont pu en juger les visiteurs de l’ADS Show, qui ont assisté, entre autres, pour la première fois à des démonstrations d’inspection et de calibration par robot du système de contre-mesures Spectra d’un Rafale (un programme d’étude signé Thales) ou découvrir le premier chariot élévateur porte-bombes téléopéré à propulsion électrique avec 10 heures d’autonomie, mis au point en Lozère (par Turgis & Gaillard Industrie) avec le soutien de la DGA. Preuve que même les régions les plus reculées de France peuvent apporter un précieux concours aux armées !

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