Vers un retour en Afghanistan ?

Quinze ans après le début de la guerre en Afghanistan, d’un coût de 117 milliards de dollars, et la présence de 9 000 membres des forces spéciales américaines et le double de «contractors», les talibans, indéracinables, viennent de s’emparer de trois nouveaux districts et d’exécuter quatre militaires américains.

Face à la menace grandissante de voir renaître l’Etat islamique en Afghanistan après la chute de Mossoul, le Commandant des Forces américaines sur place a proposé au Congrès, grâce au soutien du sénateur John McCain, de voter l’envoi urgent de renforts dédiés au soutien des forces afghanes. Et d’en appeler également aux troupes des membres de l’Otan.

Si Washington est parvenu à convaincre Islamabad d’abroger le statut d’autonomie du Waziristan pour y faire régner l’ordre, l’approche américaine s’inscrit dans le cadre de sa doctrine contre-insurrectionnelle en aidant les forces locales à assurer la gouvernance des institutions, mais aussi à barrer la route aux velléités russes.

L’année 2016 a été la plus meurtrière pour la population civile depuis 2009 avec 11 500 morts, et les talibans contrôlent désormais 44 districts et sont présents sur plus du quart du territoire. Si le but des talibans originaires d’Afghanistan consiste à reconstituer sur la moitié sud du pays un «Pachtounistan» islamique contrôlant la frontière avec le Pakistan et l’Iran, en revanche Al-Qaida comme Daech, via le mouvement pakistanais Tehrik-e-Taliban, visent à déclencher une insurrection sur l’ensemble de l’Asie centrale et du sous-continent indien, afin de rappeler sa fidélité au mouvement islamiste anti-colonial Déobandi, né au nord de l’Inde à la fin du XIXe siècle.

Articles similaires :