Vers le déclin de la marine russe ?

Malgré les effets d’annonces, la reprise des patrouilles sous-marines dans l’Atlantique nord et le niveau de discrétion acoustique atteint par la nouvelle classe de SNA Yasen, la crise économique, la chute des revenus issus du pétrole, et les sanctions internationales ont durablement impacté la BITD navale russe.

Dans l’état actuel des commandes, l’attrition capacitaire de la flotte de surface à l’horizon 2030 semble inexorable. Les porte-étendards que sont le porte-avions « Amiral Kuznetsovet » et le croiseur nucléaire «  Piotr Velikiy » ont d’ores et déjà plus de trente ans.

De 24 frégates actuellement, Moscou passera à 10 lors de la prochaine décennie avec 6 de classe Grigorivich et 4 de classe Gorshkov. Quant au projet de nouveau destroyer de 17 000 tonnes de classe Lider (12 exemplaires), il serait actuellement suspendu sur décision du Kremlin. Cette situation est à replacer dans un contexte où depuis 2000, Pékin a construit près de 40 frégates de Type 054. De plus, la configuration géographique entre la mer Noire, la Baltique, le Pacifique et l’océan Arctique empêche les quatre flottes russes de se soutenir mutuellement en cas de crise majeure.

La sous-marinade, bien que tout aussi vieillissante, reste néanmoins la priorité du pouvoir. Les 13 SSBN, 7 SSGN, 17 SSN et les 20 autres sous-marins diesels devraient être remplacés en termes de capacité, mais non en termes de quantité.

Mais la disponibilité, qui n’est actuellement que de 50%, devrait rapidement s’aggraver en raison de la corrosion qui affecte les composants des réacteurs nucléaires, dont la plupart ont désormais 25 ans de service actif. En 2030, la plupart des SNLE (3 Delta III, 6 Delta IV, 1 Typhoon) auront atteint 40 ans, en attendant d’être remplacés par les 8 exemplaires de la classe Borei (3 sont actuellement en service actif). Le remplacement des 17 sous-marins d’attaque diesels de classe Kilo par la classe Lada et Varshavyanka est lui aussi critique, en raison du faible niveau de production.

Au regard de sa doctrine navale, Moscou parie sur sa capacité SSN et surtout SSGN, grâce à ses missiles de croisière ultra rapides (et bientôt hypersoniques) destinés à la classe multi-rôle SSN Yasen et future classe SSGN Husky, mais là aussi les retards s’accumulent. Seuls 2 SSN Yasen sont actuellement actifs sur les 7 prévus, et dans le meilleur des cas, seuls 3 SSGN Husky seront à la mer en 2030.

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