USA : Psyops sous-traitées

irakL’ONG britannique Bureau of Investigative Journalism (BIJ) a récemment publié une enquête démontrant comment la société de relations publiques londonienne Bell Pottinger a touché près d’un demi milliard de dollars entre 2006 et 2007, pour sous-traiter les opérations de propagande noire du renseignement américain en Irak.

Ce sont les révélations et les documents d’un ancien salarié qui ont déclenché les travaux du BIJ. Bell Pottinger semble avoir simultanément travaillé pour la CIA, le NSC et les forces spéciales. Après avoir réalisé en 2006 une campagne de promotion en faveur du modèle démocratique, une autre opération a consisté à discréditer Al-Qaida et ses sympathisants auprès de l’opinion irakienne ou mondiale en fonction de l’effet recherché. De fausses vidéos étaient réalisées soit selon le style de l’organisation terroriste, soit selon celui des chaînes d’informations locales, pour isoler le réseau de soutien djihadiste, ou le tracer en plaçant dans les fichiers diffusés sur Internet des balises, afin d’identifier les adresses IP qui les téléchargeaient.

Ce n’est pas la première fois que le Pentagone sous-traite ses opérations de propagande. Au début des années 2000, après le refus du Congrès d’autoriser J. Rumsfeld à mettre en place son «Information Operation Roadmap», qui institutionnalisait les actions d’intoxications extérieures, deux firmes américaines, le Rendon Group et le Lincoln Group, avaient été mandatées pour noyauter plus de 150 rédactions dans le but de justifier les interventions en Irak et en Afghanistan.

A l’image des Etats-Unis, la Russie, la Chine et même les organisations djihadistes s’appuient désormais sur de puissants réseaux médiatiques pour asseoir leurs stratégies d’influences. En refusant de s’adapter, l’Europe, elle, apparaît comme une cible toute désignée.

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