Tsahal : le cyber, une filière attractive

Les jeunes Israéliens sont de moins en moins attirés à l’idée de crapahuter pendant près de 32 mois dans l’infanterie. Bon nombre d’entre eux préfèrent effectuer leur service militaire dans des unités spécialisées moins contraignantes et dangereuses liées pour la plupart à la haute technologie.

Les chiffres sont éloquents : si en 2013 deux appelés sur trois demandaient à servir dans l’infanterie, cette année ce pourcentage est tombé à un sur deux. Parmi les unités les plus «tendance» figurent celles liées à la défense aérienne, notamment pour la manipulation des batteries d’Iron Dome, ou des unités chargées de porter secours de la défense passive. Les plus motivés physiquement ont tendance à choisir les gardes-frontières, qui dépendent de la police et sont en première ligne contre les Palestiniens auteurs d’attentats au couteau ou à la voiture bélier. Les gardes-frontières offrent des avantages sous forme de permissions plus fréquentes et de meilleures conditions de vie dans les bases.

Ces évolutions sont attribuées par les responsables de l’armée à deux raisons principales : le sentiment qu’aucune menace immédiate ne pèse sur le pays et surtout le désir d’intégrer les unités spécialisées dans la cyber-guerre devenues très demandées. «Elles combinent le prestige, le sentiment d’accomplir une mission importante, un risque zéro et la possibilité d’acquérir un savoir-faire et une spécialisation qui permettent de trouver ensuite très facilement un emploi bien payé dans la vie civile», explique un officier.

« Des médias aux ministres, on affirme que le cyber c’est l’avenir. Tout lycée qui se respecte ouvre des filières consacrées au cyber. Pour les jeunes surdoués qui ont leur bac à 15-16 ans, les universités proposent des  formations sur mesure dans ce domaine. » En quelques années, le nombre de ces « petits génies » qui suivent ce cursus a été multiplié par huit », ajoute l’officier.  Mais, selon lui, le système éducatif risque de former trop de cyber-spécialistes, ce qui va créer des frustrations, d’autant que tous les mathématiciens doués ne sont pas forcément adaptés à ce que les cyber-unités exigent.

Pour tenter de freiner cet engouement, l’état-major mène une campagne auprès des appelés pour leur faire comprendre que les unités combattantes continuent à avoir la préséance sur celles spécialisées dans le cyber. «La majorité des généraux continuera à venir des unités conventionnelles durant les trente prochaines années», assure l’officier.

Victime de son succès, le cyber est le théâtre d’une féroce compétition entre les renseignements militaires, la division communications de l’état-major responsable de la cyber-défense et dans une moindre mesure les services de sécurité informatique du Mossad et du Shin Beth. Sur le papier, les renseignements militaires ont la priorité.

Pour combler la pénurie de candidats dans les unités «traditionnelles», l’armée a décidé de recourir aux femmes. Leur nombre dans les unités combattantes est passé de 550 il y a cinq ans à 2 700 cette année. Le nombre d’unités mixtes ne cesse d’augmenter. Avigdor Lieberman, le ministre de la Défense a décidé de faire davantage appel aux Bédouins en se donnant comme objectif de tripler leurs effectifs d’ici la fin 2018. Actuellement 1 200 Bédouins sont sous les drapeaux, dont 700 appelés. Les deux tiers de ces Bédouins viennent du nord d’Israël, ceux qui résident dans le sud du pays sont beaucoup moins nombreux en raison de l’influence du Mouvement islamique, une organisation qui milite contre la conscription.

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