Syrie : Moscou veut s’installer durablement

SU30SML’analyse des matériels récemment déployés par Moscou sur le théâtre syrien tend à démontrer que l’objectif des Russes est de s’installer durablement au Proche-Orient. L’armée russe a mis en place des moyens considérables au regard de ses capacités qui répondent, par delà l’impact psychologique, d’avantage à une problématique stratégique que contre-insurrectionnelle.

Dès le début de son intervention, les analystes militaires ont été surpris par l’utilisation du missile de croisière à longue portée Kalibr, tiré depuis la mer Caspienne. Très compact, ce missile, facilement transportable par un sous-marin ou un bâtiment de petite taille, est désormais considéré comme un véritable multiplicateur de force pour les marines les plus modestes.

Tout aussi surprenant est le déploiement des avions de combat SU-30SM et SU-34 et des missiles air-air Vympel R-27, réalisés pour s’opposer aux avions de chasse ou aux dispositifs sol-air occidentaux. La perte des deux Su-24 abattus par Istanbul n’a fait que radicaliser cette tendance.

Désormais, la toute dernière génération des systèmes longue portée anti-balistiques S-400 est déployée sur la base Bassel al-Assad près de Lattaquié, et au nord du territoire dans une zone baptisée par l’Otan “Box 4”. L’US Air Force a dû interrompre, depuis jeudi dernier, ses vols de reconnaissance, en raison du déploiement des systèmes sol-air SA-17.

Les systèmes de renseignement ne sont pas non plus en reste. Un Iliouchine-18 de renseignement électronique, équivalent au RC-135 américain, a désormais élu domicile sur la base al-Assad. Plusieurs unités mobiles de guerre électronique Krasukha-4 ont également été déployées, par delà leurs capacités de brouillage des communications tactiques, elles ont surtout pour vocation d’écouter et de brouiller les avions Awacs, les radars sol ainsi que les satellites d’observation en orbite basse.

Enfin, au niveau du segment spatial, près d’une dizaine de satellites militaires sur les 50 qui constituent la flotte russe militaire, auraient été, selon le Kremlin, repositionnés au-dessus de la Syrie. S’il semble légitime que les satellites topographiques Bars-M, et d’observation optique Resurs-P2 et Personna soient utilisés à des fins de cartographie (80 000 km2 seraient scannés chaque jour, soit la moitié du territoire syrien) et de targeting, ainsi que le Garpun pour les communications, le recours au satellite d’écoute Loto-S révèle la volonté de Moscou d’approfondir ses connaissances concernant les performances des systèmes d’armes occidentaux en situation de combat. Dans le but de les tenir en échec ?

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