Syrie : la guerre clandestine de Washington

MISSILE TOWAlors qu’après huit semaines de trêve, les hostilités ont repris de plus bel en Syrie, les révélations de la presse libanaise pourraient bien marginaliser le rôle diplomatique de Washington dans le règlement du conflit et renforcer celui de Moscou.

Après avoir échoué à monter une armée de volontaires syriens luttant à la fois contre les forces loyalistes et djihadistes, le Pentagone a perdu la fidélité du YPG kurde rallié à Moscou. Par ailleurs le Los Angeles Times révélait fin mars que la CIA jouait son propre jeu à l’ouest, près d’Alep, avec un groupe djihadiste proche des frères musulmans et financé par le Qatar, Fursan al-Haq. Alors que le Congrès américain avait interdit toute aide en matériel à ce groupe en décembre 2014, la découverte que la moitié des missiles TOW aient été trouvés en possession du Front Al-Nosra, lié à Al-Qaida, laissait supposer que la CIA avait poursuivi sa coopération avec ce groupe pour tenir en échec l’offensive russe.

Puis, selon le quotidien L’Orient/Le Jour, 3 000 tonnes d’armes et de munitions auraient été livrées depuis le mois de décembre 2015. Un premier cargo serait parti de Bulgarie le 5 décembre pour Constanza, en Roumanie, puis arrivé à Aqaba dix jours plus tard avec à son bord 81 containers, dont 994 tonnes de mitrailleuses AK-47 et PKM mais aussi de calibres 12,7 mm et 14,5 mm pour véhicules, ainsi que 864 tonnes de missiles antichars russes Fagot et Factoria, et de lance-roquettes RPG-7, destinés à être acheminés par la route jusqu’en Syrie en traversant le territoire jordanien. Un second cargo aurait quitté la Bulgarie le 28 mars avec à son bord 2 007 tonnes d’armements et 162 tonnes d’explosifs.

Une opération dont le manque de discrétion frise la caricature, puisque l’achat de ces matériels à la Bulgarie et leur transport par des sociétés américaines avaient fait l’objet d’un appel d’offres publié sur le site FedBizGov.org en septembre dernier !

Cette stratégie pourrait se révéler des plus périlleuses, depuis les révélations de l’ancien leader d’Al-Nosra, Jabhet el-Thouwar, sur les stratégies de rachat des armements livrés aux groupes alliés des Américains, et de là leurs disséminations sur d’autres théâtres, au Yémen, en Somalie, mais surtout en Afrique du Nord et au Mali.

Articles similaires :
Partagez ce contenu :