Suède : vers davantage de coopération européenne

La Suède se veut moins sceptique qu’il y a peu quant au développement de la défense européenne. Dans une tribune publiée dans le journal Dagens Nyheter, les ministres de la Défense et des Affaires étrangères, Peter Hultqvist et Margot Wallström, affirment que la Suède «veut que l’Union européenne décide cette année d’établir une coopération renforcée entre Etats membres souhaitant coopérer plus étroitement dans les domaines de la défense et de la sécurité. Notre ambition est que la Suède et autant d’autres Etats membres que possible y participent». Néanmoins, ajoutent-ils, cette coopération, «compatible avec notre non-alliance militaire», doit avoir lieu «sur une base intergouvernementale». Selon eux, le Brexit a montré qu’«on ne peut plus tenir la coopération et la cohésion de l’UE pour acquise».

Jusqu’à cette prise de position, Stockholm freinait des quatre fers dans ce domaine, tant pour protéger les groupes suédois d’armement que pour préserver sa doctrine de non-alliance militaire. Pas plus tard qu’à la mi-juin, Peter Hultqvist estimait que le fonds européen pour la défense, proposé par la Commission de Bruxelles, risquait de «bénéficier» aux grands pays membres au détriment des entreprises des autres Etats.

«On dirait que le gouvernement suédois a fini par s’apercevoir que d’autres pays européens étaient en train d’aller de l’avant maintenant que le Royaume-Uni n’est plus là pour bloquer la coopération européenne de défense», constate le journaliste Henrik Brors, vieux routier des affaires européennes. Et de noter que, dans leur tribune du 19 juin, les deux ministres sociaux-démocrates ont désigné les pays avec lesquels le royaume «essaiera de devenir le meilleur ami» : l’Allemagne et la Finlande.

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