Suède : l’affaire qui dérange

Le ministre suédois de la Défense, Peter Hultqvist, est sur la sellette, l’opposition, majoritaire au Parlement, assurant vouloir voter une motion de défiance contre lui dès la rentrée parlementaire du 12 septembre. Le responsable social-démocrate s’est vu reprocher sa « passivité » lors d’une affaire embarrassante pour l’Etat suédois.

En résumé, un grand nombre d’informations plus ou moins confidentielles, y compris dans le domaine de la Défense, pourraient avoir été disséminées après l’externalisation auprès d’IBM de l’entretien technique d’une base de données publiques, en 2015. Le groupe américain avait ensuite fait sous-traiter cette tâche par des sociétés serbes et tchèques.

Parmi ces données, provenant de la Direction suédoise des Transports, se trouvent les coordonnées de personnes bénéficiant de protection et dont l’identité est protégée, dont des agents renseignant l’armée et la police dans le pays et à l’étranger. La base comprend aussi les coordonnées des véhicules civils de l’armée et des militaires les utilisant.

Pour tenter de désamorcer le scandale, Stefan Löfven, le chef du gouvernement, a limogé les ministres de l’Intérieur et des Infrastructures. Son propre bras droit à la chancellerie a démissionné le 27 août. Depuis, le CEMA a assuré que des mesures avaient été prises discrètement dès l’automne 2015 pour circonscrire la dissémination d’informations sensibles.

Selon la Défense, cette affaire, si elle est « sérieuse », n’a « pas influencé de manière notable » ses capacités de renseignement ni « n’a eu d’impact significatif » sur ses capacités opérationnelles. Vrai ou faux ? Toujours est-il que l’opposition de droite estime que le ministre de la Défense a tardé à informer Stefan Löfven. Ira-t-elle jusqu’à voter une motion de défiance contre le ministre ? Certains, y compris à droite, plaident pour le statu quo, en raison des tensions avec la Russie et de la satisfaction globale donnée par Peter Hultqvist à son poste.

 

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