La Stratégie de sécurité économique russe enfin publiée

Les autorités russes ont rendu publique, le 15 mai, leur Stratégie de sécurité économique, qui devait initialement être publiée le 1er mars ! La précédente Stratégie – publiée en avril 1996 – n’était plus à jour depuis longtemps, car elle se concentrait sur la nécessité de développer l’économie russe dans un contexte de crise post-soviétique. La nouvelle mouture se concentre sur l’indépendance économique de la Russie – substitution aux importations oblige – et la protection de l’économie russe des menaces internes et externes.

Parmi les menaces listées par le document, figure en tête la «volonté des Etats développés d’utiliser leur avantage dans les domaines économiques et des hautes technologies – technologies de l’information comprises – en tant qu’instrument dans la concurrence mondiale». Les «mesures discriminatoires contre les secteurs clés» de l’économie russe, ainsi que «les unions économiques interétatiques», auxquelles la Russie ne prend pas part, sont également citées. Mais «l’ennemi» n’est pas qu’extérieur : l’épuisement des ressources énergétiques, le manque d’intérêt pour l’innovation, la corruption, la criminalisation, le poids de l’économie souterraine, le manque de main-d’œuvre figurent parmi les menaces.

En décembre dernier, lors de l’examen par le Conseil russe de sécurité de la future Stratégie, Vladimir Poutine avait déclaré que «le fait d’avoir nos propres technologies devient un des facteurs les plus importants pour assurer la souveraineté du pays». Le développement des nouvelles technologies est en bonne place dans le document : l’indépendance technologique, la création et le développement de secteurs de haute technologie, le perfectionnement des normes pour les technologies innovantes, la nécessité de permettre l’intégration de ces technologies dans l’économie, y compris avec le soutien de l’Etat, reviennent très souvent.

Trois mesures proposées par le document retiennent l’attention : le renforcement du contrôle étatique sur les investissements étrangers dans les domaines considérés comme stratégiques ; le perfectionnement du mécanisme de contre-mesures aux sanctions prises contre la Russie ; la mise en place d’un système de management du risque, chargé de détecter les menaces, d’estimer les ressources nécessaires pour les empêcher, du contrôle des mesures prises, et de la planification.

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