Sahel : un pôle “rens” franco-américain

Les opérations au Mali, et notamment les carences françaises en matière d’ISR, semblent avoir donné un coup d’accélérateur au processus d’acquisition de drones américains Reaper par la France.

Deux exemplaires non armés, mais susceptibles de recevoir de l’armement, devraient être rapidement achetés par la France, après une francisation a minima, pour répondre aux besoins urgents du théâtre sahélien.

Une équipe d’opérateurs de drones de l’armée de l’air pourrait être envoyée sous peu aux Etats-Unis pour y être formée. Ces Reaper rejoindraient ensuite Nyamey (Niger), où ils devraient être colocalisés avec les drones américains (c’est déjà le cas pour les Harfang) et ainsi renforcer le pôle renseignement franco-américain, qui poursuit sa montée en puissance (interceptions téléphoniques, traitement des données du drone Global Hawk, satellites).

Alors que du côté d’Africom on semble décidé à pérenniser la présence de drones au Niger —Washington ne voulant pas de toute façon les stationner au Mali pour des raisons d’ordre politique —, l’avenir de la présence de drones français à Nyamey n’aurait pas encore été tranché par Paris. Peut-être dans l’attente d’une définition claire du rôle des forces françaises par rapport au contingent espéré des Nations unies. Ces Reaper, dont la cible globale pourrait osciller entre 4 et 6 unités, seront francisés par le groupe EADS.

L’urgence est de mise, les deux Harfang déployés au Mali permettent, certes, d’assurer, pour l’instant, une orbite permanente en vol, mais ils ont aussi consommé le potentiel d’heures de vol prévu par le contrat de soutien signé avec EADS (plus de 1 000 heures de vol dans l’opération Serval). A ce stade, une question demeure cependant : quand la France recevra-t-elle ses deux Reaper ? Seront-ils réellement opérationnels dans les prochains mois ?

Quoi qu’il en soit, l’arrivée du premier drone américain pourrait sonner (en partie) le gong de fin d’un feuilleton “urgence drone”, qui a pris avec les années des proportions politico-industrielles démesurées et qui n’a eu de cesse d’alimenter les rivalités entre Etats et entre industriels. Et ce, au désavantage des forces sur le terrain. Restera ensuite le délicat dossier du futur drone MALE européen, pour lequel rien n’est encore tranché.

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