Sahel : Al-Qaida vs Daech

Depuis l’annonce de sa création en mars dernier, le Groupe de soutien pour l’islam et les musulmans (GSIM) multiplie les attaques au Mali. Composée des dirigeants d’AQMI, d’Al-Mourabitoune et du Front Macina, cette alliance, dirigée par le chef d’Ansar Eddine, Iyad Ag Ghali, permet ainsi aux groupes affiliés à Al-Qaida d’élargir le champ des opérations sur le nord, le centre et le sud du Mali, et de cibler autant les forces locales de sécurité que les contingents internationaux.

La dernière en date, encore revendiquée par le groupe via son organe de communication «Al-Zalaqa», a été menée le 7 mai dans la localité d’Almistaratt, dans la région de Gao, contre une base de l’armée malienne. L’attaque à la voiture piégée et au tir de roquette a tué sept soldats maliens, et, selon des sources locales, d’importantes quantités d’armes et de munitions ont été récupérées par le groupe.

Deux jours auparavant, une base sécurisée de la MINUSAM à Tombouctou, au Nord, était cette fois visée par des obus de mortier, tuant un soldat libérien et faisant de nombreux blessés. L’avant-veille, une embuscade dans la région de Ségou tuait neuf militaires maliens. La mort du soldat français Julien Barbé de la force Barkhane, le 5 avril, dans le sud-est du pays, avait été également revendiquée par le GSIM.

Cette montée en puissance des groupes pro-Al-Qaida vise à occuper le terrain, alors que bon an mal an, les autorités intérimaires commencent à réinvestir le nord en application de l’accord d’Alger, mais aussi à contrer le rival Daech, représenté dans la région par sa branche Grand Sahara, que dirige depuis octobre dernier Abou Walid Al-Sahraoui, un dissident du groupe de Mokhtar Belmokhtar, Al-Mourabitoune.

Selon des sources régionales interrogées par TTU, l’absence sur le terrain malien du chef algérien aurait contribué à entraîner dans la foulée de cette scission de nombreuses défections en faveur de Daech. Pour mieux les contenir, l’adjoint de Belmokhtar, Mohamed Ould Nouini, alias Hassan Al-Ansari, serait à la manœuvre. Cet arabe malien de Tilemsi est parvenu à rassembler et retenir cette communauté autour du GISM. A l’origine de plusieurs attaques, dont la dernière en date, ce nouvel homme fort de la nébuleuse Al-Qaida serait également l’instigateur des attentats qui ont fait 30 morts à Ouagadougou en janvier 2016, et 19 à Grand-Bassam en Côte d’Ivoire, deux mois plus tard.

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