Russie : haro sur les dangers de l’Internet !

Comme le notait TTU il y a quinze jours, le Sénat russe indiquait dans un rapport récemment publié qu’Internet fait partie des secteurs considérés comme «vulnérables aux ingérences étrangères». Mais ce sont les menaces liées à l’Internet – et pas seulement pour des questions de souveraineté – que les autorités russes mettent plus particulièrement en avant ces dernières semaines : utilisation par les groupes terroristes de la messagerie instantanée Telegram, qui conduit les autorités russes à un long bras de fer avec son fondateur Pavel Dourov ; blocage temporaire de Google le 22 juin dernier ; problème de la vente de drogue synthétique via Internet ; débriefing du directeur du FSB Alexandre Bortnikov aux députés russes sur les menaces cyber (virus WannaCry, protection de la Russie contre le hacking, «substitution aux importations» dans le domaine des programmes informatiques, fake news).

Le législateur russe n’est pas en reste, avec l’examen, actuellement à la Douma, de la proposition de loi 195446-7, qui propose d’interdire aux fournisseurs Internet ou de systèmes d’information de donner accès, aux utilisateurs, à des sites dont l’accès est restreint en Russie. Pour cela, l’Agence fédérale russe des communications (Roskomnadzor) verrait ses pouvoirs étendus, y compris en exigeant auprès des opérateurs de limiter l’accès à certains sites. Pourquoi ? Les précédents textes ne se sont pas montrés assez efficaces, comme le constate la note jointe au texte de loi… Le législateur russe, dans tous les cas, ne manquera pas de travail : depuis le 14 juin, ce ne sont pas moins de trois propositions de lois relatives aux questions des communications qui ont été déposées. L’une, signée par la présidente du Sénat, propose que les acheteurs de cartes SIM soient enregistrés dans une base de données étatique.

Le Conseil de sécurité russe n’est pas en reste : cet organisme très discret – que Poutine, comme il l’a indiqué à Oliver Stone, convoque une fois par semaine – examinait en Commission aussi bien le problème de la «substitution aux importations» dans le domaine de l’économie numérique et de la technologie, que la technologie du «blockchain» et les problèmes qu’il pose pour les questions de sécurité de l’information. Au sein du Conseil de sécurité, les questions de sécurité de l’information, qui incluent la protection du cyberespace, sont sous la responsabilité du général du FSB, Oleg Khramov, nommé en janvier dernier adjoint du secrétaire du Conseil. Il peut s’appuyer sur le responsable du département en charge de la sécurité et des technologies de l’information, Sergey Boyko, et le conseiller auprès du secrétaire du Conseil, Vladimir Cherstyuk, issu tout comme Khramov des «organes» (il avait dirigé le FAPSI). Le milieu de la sécurité de l’information attire beaucoup les anciens des services : l’actuel directeur de «l’institut de la sécurité intégrée et des instruments spéciaux», Viktor Karnakov, avait travaillé au FSB avant d’être, de 2000 à 2006, l’adjoint du directeur du SVR aux questions scientifiques et technologiques…

 

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