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La réponse d’Iyad Ag Ghali et sa coalition djihadiste pro-Al-Qaida à la création de la force conjointe du G5 Sahel ne s’est pas faite attendre. Trois jours après le sommet du G5 à Bamako, le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM) s’en prenait aux militaires nigériens en représailles à la participation de Niamey à «la force installée par la France», selon son communiqué de revendication.

L’attaque contre un convoi militaire nigérien le 5 juillet, faisant cinq morts, a eu lieu à quelques kilomètres de la frontière malienne à l’ouest du Niger. Soit en pleine zone d’opérations de son rival, l’Etat islamique dans le Grand Sahara (EIGS), dirigé par un dissident d’Al-Mourabitoune, membre du GSIM, Abou Walid Al-Sahraoui. Une première pour le GSIM, qui vient confirmer la dynamique de surenchère à l’œuvre au Sahel, dans le contexte de la concurrence entre réseaux Al-Qaida et EI depuis mars dernier, date de la création du GSIM.

Cette escalade avait été l’un des moteurs de la création de la force sous-régionale de lutte contre le terrorisme et la grande criminalité, formellement mise sur pied le 2 juillet à Bamako, en présence des cinq pays du G5 et du président français Emmanuel Macron.

Mais les groupes djihadistes ne sont pas les seuls opposants à l’installation de cette force. L’Algérie, qui ne fait pas partie du G5, n’a pas davantage apprécié. Alger a, depuis, utilisé tous ses canaux officieux pour faire connaître sa franche hostilité à cette initiative, dénonçant un «jeu trouble» de la France sur la région, qui, d’un côté, presse Alger à mettre en œuvre les accords de paix au Mali et, de l’autre, l’isole pour mieux mener une «stratégie guerrière», via ses alliés sahéliens, «au service des seuls intérêts français et contraire à l’objectif de pacification de la zone».

Selon des sources diplomatiques africaines, l’attaque menée par le GSIM au Niger s’inscrirait dans ce contexte, au vu des liens bien connus entre Iyad Ag Ghali et les sphères sécuritaires algériennes.

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