Questions sur le report d’ »Austere Challenge »

A la veille de la visite en Israël du général Martin Dempsey, chef d’état-major interarmées américain, le Pentagone et l’US Military Euro­pean Command ont confirmé le report de l’exercice de défense antimissile “Austere Challenge 12”, prévu en avril. L’exercice, qui devait voir le déploiement de 5 000 mili­taires américains en Israël et per­mettre d’évaluer l’interopé­rabi­lité des systèmes israéliens et amé­ri­cains, est repoussé au second semestre.

Aucune raison officielle n’a été donnée à cette décision. Du côté israélien, le ministre de la Défense, Ehud Barak, a indiqué être «en pour­parlers avec le Penta­gone au sujet de l’ajournement de l’exer­cice depuis un mois», préci­sant que ce report permettait de mieux préparer l’exercice. Des “pour­par­lers” dont certains res­pon­sables de la défense israélien­ne ne semblaient toutefois pas infor­més. Selon cer­taines sour­ces, le report intervient bien à la demande de la défense israélienne, qui souhaiterait conser­ver une “fenêtre d’opportunité” pour d’éven­tuelles frappes contre l’Iran au printemps.

Une hypothèse mise en doute par des analystes améri­cains, qui doutent qu’un tel projet ne soit engagé avant d’avoir pu bénéficier d’un retour d’expé­rience sur un exercice antibalis­­ti­que majeur. Selon eux, le report d’“Austere Challenge 12” aurait été décidé par Washington, en raison du refus du Premier minis­tre israélien de ga­ran­tir aux Américains qu’ils seraient informés avant une éven­tuelle frappe contre l’Iran. Ce climat de crispations américano-israéliennes est percep­tible depuis plusieurs semaines. La récente évocation par le magazine Foreign Policy du recrutement de membres du groupe iranien Jundallah par des agents du Mossad se présen­tant comme des agents américains n’a pas contribué à apaiser les tensions.