Les premiers radars Sea Fire de Thales en fabrication

Alors que la commande de cinq frégates de taille intermédiaire (FTI) n’a été notifiée par la DGA à DCNS qu’en avril dernier, Thales est déjà à l’œuvre sur son site de Rouen-Ymare pour réaliser des modules individuels du nouveau radar numérique Sea Fire 500 à antenne active multifonction (AESA).

Ce radar à 360 degrés de couverture en azimut sur 90 degrés d’élévation — une des innovations les plus coûteuses du programme FTI — équipera en priorité ces bâtiments de 4 000 tonnes très novateurs dans leur concept, à commencer par leur étrave qui les distingue au premier coup d’œil et leur mât unique placé au-dessus d’un CMS (système de commandement et de combat) ramassé à très forte composante cybernétique. Chacun des modules émetteurs-récepteurs du Sea Fire 500 (inspirés de ceux du radar numérique 3D TRS GM 400) est fait de plusieurs cartes électroniques de format ±A4, montées en 15 couches successives de 6 000 composants, assemblées sur une chaîne «cobotique» d’inspiration japonaise de type «fail-safe/go-no-go», c’est-à-dire composée d’un robot d’assemblage assisté par des techniciens usant de leurs mains avec une précision clinique sous la direction d’ordinateurs contrôlant visuellement chaque étape de la fabrication, à la vis et au serrage près.

Dépourvu de tout élément mobile, le Sea Fire 500 (pour 500 km de portée) est formé de quatre antennes fixes carrées d’environ 2,5 m de côté. Chaque antenne se compose d’un ensemble de 96 modules hyperfréquences réunis en huit sous-ensembles pouvant fonctionner de manière indépendante ou en mode dégradé. Cette configuration donne au Sea Fire une fiabilité exceptionnelle, et on en devine d’autant mieux le coût final. Un coût élevé gage d’une avancée technologique majeure qui permettra à Thales, allié à DCNS, de proposer à l’export des bâtiments de combat ultra-performants pour un prix inférieur à un demi milliard d’euros.

Rappelons qu’au total, cinq frégates FTI (classe «Belharra») seront livrées par DCNS Lorient à la Marine nationale entre l’automne 2023 et le début 2029. La première entrera en service actif au sein de la flotte dès 2025, la dernière en 2030. Ces bâtiments de 4 000 tonnes — d’un tonnage comparable aux six vieilles frégates de la classe «La Fayette», dont le nombre sera bientôt réduit à quatre, qui seront partiellement modernisées avec, notamment, un sonar de coque — offriront un milieu de gamme entre les corvettes Gowind de 2 500 tonnes et les frégates multimissions FREMM de 6 000 tonnes.

A bord des FTI, le radar Sea Fire aura plusieurs tâches, allant de la détection aérienne à grande distance à la veille de surface jusqu’à 80 km. Pourvu d’une fonction météo, il servira à la conduite de tir des missiles Aster 30 embarqués. La revalorisation progressive des logiciels de traitement du signal devrait permettre à ce radar de gagner en performances au cours de son cycle de vie et de rester dans la course pour de longues années. Les premiers essais du premier ensemble Sea Fire 500 devraient se dérouler à Saint-Mandrier à compter de l’automne 2017.

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