Un partenariat stratégique et industriel

En Pologne, dans le cadre du programme Orka d’acquisition de sous-marins à propulsion classique par la marine, Naval Group s’est positionné avec une offre attractive, dont le périmètre va au-delà de la vente de trois ou quatre bâtiments.

Dans la foulée de son succès australien et fort d’un carnet de commandes de 11,6 milliards d’euros en 2016, c’est un partenariat stratégique qu’Hervé Guillou, le PDG de Naval Group, est venu présenter à ses interlocuteurs polonais à l’occasion du salon MSPO de Kielce (du 5 au 8 septembre). Avec leur offre sous-marin Scorpène / missile de croisière naval (MCN), Naval Group et MBDA proposent à la Pologne une capacité inédite de dissuasion conventionnelle en mer Baltique. Les Scorpène polonais seront dotés des nouveaux modules AIP de seconde génération FC2G, permettant une autonomie à la mer de deux semaines en immersion.

Sur le plan industriel, l’offre française prévoit la signature d’un partenariat avec le groupe polonais PGZ pour des transferts de technologies et de savoir-faire permettant la construction et le soutien des sous-marins sur place. Tout comme un partenariat avec OBR CTM (Centre Technique de la Marine du groupe PGZ) pour le développement et l’intégration du système de combat et la création d’une plateforme locale d’intégration du système de mission et de combat.

Naval Group propose également la création d’un centre d’entraînement et le développement de simulateurs pour les équipages et les équipes de maintenanciers de la Marine, afin d’offrir à la Pologne une autonomie maximale sur l’ensemble du cycle de vie des bâtiments.

Mais le package de coopération industrielle va au-delà du naval de défense, avec une offre de coopération en matière d’énergies marines renouvelables (EMR), notamment l’énergie marémotrice, l’énergie thermique des mers et les éoliennes flottantes. Au total, près de 2 000 emplois pourraient être créés dans la construction navale, la maintenance et les EMR.

Du côté polonais, on devrait trancher rapidement entre l’offre française et celle de ses concurrents allemands et suédois. Ces derniers proposent le sous-marin A26 doté du missile de croisière norvégien NSM de Kongsberg (qui équipe déjà les batteries côtières polonaises) ou du Tomahawk (une version du sous-marin a été présentée en mai avec le missile américain lors du salon IMDEX Asia). Le ministre de la Défense, Antoni Macierewicz, pourrait se rendre rapidement à Paris pour mener des discussions stratégiques et évoquer un éventuel contrat, alors que les relations bilatérales sont loin d’être au beau fixe.

 

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