Les négociations secrètes de Washington avec les talibans

L’attaque talibane intervenue la semaine dernière contre l’armée afghane faisant plus de 150 morts et 500 blessés, a considérablement déstabilisé la hiérarchie militaire afghane, poussant à la démission le ministre de la Défense, Abdullah Habibi, et le chef d’état-major, le général Qadam Shah Shahim, et le limogeage de quatre généraux de corps d’armée accusés de négligence.

Pourtant le mode opératoire, identique aux attaques précédentes, repose encore sur l’infiltration d’une base militaire grâce à de jeunes recrues. A ceci s’est ajouté l’attaque par l’Etat islamique de l’hôpital de Kaboul, en représailles à l’utilisation de la super bombe américaine MOAB par Donald Trump.

Mais, curieusement, alors que les forces de sécurité afghanes ne parviennent plus à contenir les offensives talibanes, et que Al-Qaida se prépare à lancer une offensive majeure dans la province productrice de pavot, le Helmand, James Mattis vient de refuser au général Nicholson les renforts qu’il avait demandés en plus de ses 8 400 hommes sur place pour reprendre la situation en main.

Contradiction ou velléité ? En fait les Américains ont repris dans le plus grand secret, et depuis le mois de mars, les négociations avec trois émissaires talibans installés dans leur représentation diplomatique du Qatar en compagnie du frère du Mollah Omar, Mollah Akhund. Il s’agirait de trois anciens hauts fonctionnaires : Maulvi Dilawar, ancien ambassadeur au Pakistan ; Mollah Madani, ancien ministre des Affaires étrangères ; et Mollah Salam, ancien ministre de l’Education.

Les pourparlers ont repris depuis la mort de l’ancien chef du mouvement, Mollah Mansour, après une attaque de drone Reaper. Sous la pression de Washington et de Pékin, Islamabad a également multiplié les rencontres avec la Choura de Quetta au Baloutchistan, mais jusqu’à présent, les talibans refusent toujours de discuter avec le gouvernement afghan.

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