Les missions libyennes du Rafale

rafale-armee-de-lairSi la présence de militaires français en Libye a été rendue inopinément publique l’été dernier, plus secrètes ont été les opérations aériennes conduites cette année depuis la France par les Rafale de l’armée de l’Air. Beaucoup de missions de renseignement et quelques missions de bombardement.

A la suite du raid perpétré la veille contre un camp d’entraînement de Daech à Sabratah (ouest de Tripoli) par trois F-15E du 492nd Fighter Squadron des USAFE partis d’Angleterre, quatre Rafale de la 30Escadre de chasse, assistés de deux C-135FR (FAF 4041 et 4078), auraient bombardé un dépôt de munitions de Daech à Syrte. Quelques jours plus tard, le 9 mars, deux Rafale venus de Mont-de-Marsan réalisaient une reconnaissance photographique étendue de la région de Syrte. Et le 15 mars, deux autres Rafale auraient bombardé une cible terroriste identifiée dans la ville côtière.

Le plus récent en date des raids antiterroristes conduits par les Rafale s’est déroulé furtivement dans la nuit du 14 au 15 novembre quand deux Rafale de la 30Escadre de chasse de Mont-de-Marsan, soutenus par un C-135FR, ont bombardé au cœur du Fezzan une maison abritant des chefs terroristes. Un raid qui a eu lieu dans l’oasis d’Al-Brak, au nord de la ville de Sebha, connue depuis des siècles pour être le point d’arrêt principal des routes venues du Sahara vers Tripoli, située à 400 km plus au nord.

Réalisée avec le concours d’un drone stratégique RQ-4B Block 30 Global Hawk du 412th TW de l’US Air Force, assurant la reconnaissance en temps réel de la cible à distance depuis la haute altitude, cette mission a, une fois de plus, démontré l’excellente coopération entre aviateurs français et américains, mais aussi les capacités du Rafale et de son armement.

Opérant à près de 3 000 km de leur base de départ, c’est à haute altitude et à une distance estimée à 50 km que les deux Rafale ont lancé un total de trois bombes AASM (vraisemblablement du type SBU-54), qui auraient totalement détruit les bâtiments dans lesquels se seraient réunis plusieurs émirs terroristes très recherchés : Abou Talha al-Libi (leader du Majlis choura Eshattia, un des émirs les plus importants d’AQMI et aussi appelé Abou Talha al-Hassnawi), Abderrahmane Talha (chef de la katibat Al-Fourghan d’AQMI, célèbre pour avoir ordonné la destruction des reliquaires musulmans de Tombouctou en 2013), ainsi que les Algériens Mokhtar Belmokhtar (à la tête d’Al-Mourabitoune) et Yahia Abou al-Houmam (émir d’AQMI pour tout le Sahara – dit «le Boiteux»). Tous coupables d’avoir perpétré des actions terroristes et des meurtres contre des citoyens français au Mali, en Mauritanie et en Tunisie.

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