Un militaire à la tête de la DGSE

Coupant court aux divers scénarios et aux batailles de succession à la tête de la très stratégique direction des services de renseignement extérieur qui faisaient rage depuis plusieurs semaines, le Conseil des ministres du 26 avril a imposé son choix. Au lendemain du premier tour des élections présidentielles, le gouvernement a anticipé le départ à la retraite, officiellement prévu le 22 mai, du diplomate Bernard Bajolet en nom­mant son directeur de cabinet, le général Jean-Pierre Palasset, patron par intérim de la DGSE jusqu’au 21 mai. A partir de cette date, il occupera pleinement sa nouvelle fonction.

Une décision qui marque autant un choix de continuité que de rupture. Bernard Bajolet avait fait valoir sa préférence en soutenant deux candidats, ambassadeurs et spécialistes de l’ANMO (Afrique du Nord, Moyen-Orient) comme lui, pour le remplacer. Il faut remonter à 1987 pour retrouver un militaire à la tête de la direction de la «boîte», avec le général de corps aérien François Mermet. Depuis, l’alter­nance n’avait profité qu’aux préfets et diplomates.

Issu de l’armée de terre, Jean-Pierre Palasset a rejoint la DGSE en septembre 2015 pour diriger le cabinet de Bernard Bajolet. La carrière de ce Saint-Cyrien est surtout marquée par ses commandements en Opex sur les principaux théâtres d’opérations – dans les Balkans, puis en Côte d’Ivoire, avec l’opération Licorne, en Afghanistan, avec la Task Force Lafayette, où il a connu Bernard Bajolet, alors ambassadeur de France, enfin au Sahel, avec l’opération Barkhane. Il est réputé proche de l’actuel ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian. L’homme choisi apparaît donc comme le garant d’une certaine continuité des engagements extérieurs qu’il fallait «verrouiller» avant le deuxième tour des élections.

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