L’Otan face aux trolls de Moscou

L’Otan essuie depuis plusieurs mois sur les réseaux sociaux, notamment sur Twitter, en raison de son rayonnement auprès des journalistes, une campagne de dénigrement dont les effets auprès des populations au contact avec les frontières russes commencent à se faire ressentir.

Le NATO Strategic Communication Centre of Excellence installé à Riga vient de diffuser le premier numéro d’une nouvelle publication, baptisée Robotrolling, démontrant que 84% des messages rédigés en russe contre l’Otan et 46% des ceux en anglais étaient émis par des «Bots» dotés d’un module d’IA destiné à générer automatiquement des commentaires polémiques à partir des articles d’actualité en imitant le comportement des utilisateurs.

Un autre dispositif d’automatisation est également employé, afin de créer de nouveaux comptes, pour pénétrer les réseaux personnels des leaders d’opinion et se substituer dans le temps aux flux d’informations des médias traditionnels. Entre le 1er mars et le 20 août, 11 600 comptes auraient été générés pour produire 32 000 tweets. L’arrivée des troupes britanniques dans les pays baltes au printemps et l’exercice Coalition Warrior en Pologne ont suscité un pic d’activités record des «Bots» russes.

TTU avait évoqué en juin un rapport de la DIA qui faisait état de cette stratégie russe ciblant le «cyber-contenu» et non pas seulement le contenant, qui tend souvent à monopoliser toutes les réflexions des principaux membres de l’Otan. Moscou cherche en effet à initier une rupture dans le domaine «cognitif» pour compenser ses capacités dans les opérations militaires traditionnelles souvent qualifiées de «cinétiques».

Si les moyens français dans ce domaine restent modestes, précisons que ce rapport de l’Otan a été élaboré par des outils open source créés par le Medialab de Sciences-Po Paris, et qu’il reprend une grande partie des travaux menés par la Chaire Cyber de l’IHEDN…

Articles similaires :