Pour l’Onu, les armes nucléaires sont illégales

Le 7 Juillet 2017, les Etats participant à la Conférence des Nations unies pour la négociation d’un instrument juridiquement contraignant visant à interdire les armes nucléaires ont adopté par 122 voix pour, une contre (Pays-Bas), une abstention (Singapour) un traité rendant les armes nucléaires illégales. Ce traité, dont les principales interdictions sont énumérées dans son article 1, indique que «chaque Etat Partie s’engage à ne jamais, en aucune circonstance : mettre au point, mettre à l’essai, produire, fabriquer, acquérir de quelque autre manière, posséder ou stocker […] employer ni menacer d’employer des armes nucléaires ou d’autres dispositifs explosifs nucléaires».

De fait, c’est non seulement l’arme ou dispositif (référence à des systèmes employés pendant les années 1960/1980 pour des travaux de génie civil) qui sont interdits, mais aussi la politique de dissuasion. L’attitude de la France sur cette conférence fut, au cours de ces derniers mois, très hostile et Paris réalisa de nombreuses pressions, notamment vers les diplomates de l’ex-pré carré africain, avec plus ou moins de réussite.

Ainsi, contrairement à ce que l’on pourrait croire, il y avait bien plus de 124 Etats présents le jour du vote. Le diplomate du Niger avait reçu instruction de sa capitale de ne pas voter et celui du Cameroun, qui avait, lui, les pleins pouvoirs, ne s’est pas exprimé… La réaction de la France, à ce vote ne s’est pas faite attendre : moins de vingt minutes plus tard le ministère des Affaires étrangères publiait un communiqué soulignant que «ce texte est inadapté au contexte sécuritaire international». Un point de vue réfuté par António Guterres, secrétaire général de l’Onu qui se félicite de voir l’adoption de ce «premier instrument multilatéral juridiquement contraignant en matière de désarmement nucléaire à avoir été négocié depuis vingt ans».

La France, ses alliés et autres Etats nucléaires vont ainsi devoir, dans les prochains mois, se justifier sur les raisons qui les poussent à conserver un système d’arme reconnu en cas d’utilisation comme contraire au droit international humanitaire. Les établissements bancaires vont de même devoir prendre en compte ce traité, puisque dans la notion «d’interdiction d’assistance», le financement des industriels de systèmes nécessaires à l’utilisation d’armes nucléaires est interdit.

Le traité sera ouvert à la signature le 20 septembre à l’Onu et rentrera pleinement en vigueur lorsque cinquante Etats l’auront ratifié. Dans cette attente, le Saint Siège à d’ores et déjà indiqué l’organisation d’une première conférence à l’automne 2017.

 

 

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