Les logiciels espions du renseignement allemand

Frank RiegerAlors que l’opinion allemande s’était émue de l’opération d’espionnage de la NSA qui avait ciblé le téléphone portable d’Angela Merkel, le porte-parole du ministère de l’Intérieur a confirmé que les services de renseignement allemands étaient désormais autorisés à infecter le matériel informatique ou téléphonique d’un suspect, grâce à des « chevaux de Troie », pour surveiller ses communications. Baptisé Bundestrojaner, ce spyware aurait été réalisé par le groupe Finfisher Gamma international, spécialisé dans la surveillance des opposants politiques.

Cette pratique, encadrée par la cour constitutionnelle, ne serait autorisée qu’avec le consentement d’un juge et dans l’hypothèse où la sécurité de l’Etat ou la vie d’individus venaient à être menacées. Pourtant le porte-parole du fameux groupe de hackers berlinois, Chaos Computer Club (CCC), Frank Rieger, a rappelé que le gouvernement allemand avait déjà utilisé secrètement ce type de logiciels espions depuis 2008, baptisé à l’époque « Quellen TKÜ », avant que le CCC ne le découvre. Cette révélation avait provoqué un scandale politique majeur.

Si, à l’époque, chaque version était unique et adaptée à chaque cible, le produit de Finfisher Gamma exploiterait des vulnérabilités communes à tous les systèmes. Ces spywares sont capables de télécharger les données personnelles d’un suspect et d’y installer d’autres programmes destinés à piloter à distance ordinateurs et smartphones.

Mais, selon Rieger, le flou le plus total planerait sur la notion de « sécurité de l’Etat ». Celle-ci se limite-t-elle aux actions terroristes ou d’espionnage, ou s’étend-elle jusqu’à la notion de « sécurité économique » ?… Un concept inventé par les Allemands lors de la Première Guerre mondiale.

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