L’EMA et les exportations

A quelques jours des élections, l’Etat-major des armées prépare son argumentaire en direction des nouvelles autorités qui présideront aux destinées de l’outil de défense. Enjeu : peser sur les choix politiques et industriels, et notamment en matière de partenariats stratégiques, pour mieux garantir la préservation des capacités opérationnelles de l’armée. Le Bureau Soutien des Exportations de défense de la division Maîtrise des armements de l’EMA vient donc de lancer un appel à projet pour une étude prospective autour des «exportations d’armement de défense, vers quel(s) partenariat(s) stratégique(s) pour le ministère de la Défense» ?

Si la progression exceptionnelle des exportations depuis 2012 a favorablement impacté sur la dynamique du secteur, elle a également imposé une pression sur les capacités de production des industriels, constatent les rédacteurs de l’offre. Les demandes des pays clients imposent un cadre de négociations exigeant, notamment en matière de délais de livraison. Or, pour honorer les premières échéances de livraison, «l’option palliative consiste trop souvent à procéder, temporairement ou non, à des prélèvements d’équipements des armées», déplorent-ils.

Il est donc indispensable de «trouver le point d’équilibre» entre les ambitions politiques et industrielles d’une part, et la préservation des capacités opérationnelles des armées d’autre part. «L’équipe France prônée par M. Le Drian est présentée comme la clef de la réussite de la France à l’export. Elle sous-entend une convergence a minima des intérêts des différents acteurs impliqués dans les exportations de défense», soulignent-ils. L’étude devra donc veiller à identifier les moyens de faire-valoir les enjeux opérationnels des armées dans le concert des arguments commerciaux et industriels.

La réflexion à mener devra associer la DGA et les principaux industriels nationaux (Dassault Aviation, DCNS, Thales, Airbus Helicopters…) pour mieux «étayer» ce travail prospectif, qui doit aussi définir «de manière immédiate» avec qui et quel type de coopération le ministère de la Défense doit entretenir ou développer dans une perspective de soutien économique et d’efficacité opérationnelle». L’étude, d’une durée de neuf mois, devra apporter une analyse détaillée visant la valorisation des partenariats stratégiques entretenus aujourd’hui par la France et leur mise en perspective à l’horizon 2030, avec les potentialités des marchés d’exportation d’armement.

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