L’A321LR base du futur patrouilleur maritime ?

AIRBUS A321MPAA l’occasion de la cérémonie des vœux à la presse, tenue à Toulouse le 13 janvier, Fabrice Brégier, le PDG d’Airbus, a annoncé le lancement imminent d’une version “long range” du biréacteur de ligne A321.

Prévu pour une entrée en service fin 2018 et baptisé A321LR, cet avion biréacteur sera développé à partir de la cellule de l’A321neo et aura un rayon d’action de type transatlantique, supérieur de 100 milles nautiques à celui du Boeing 757-200W utilisé sur ce segment commercial. «De quoi ne pas obliger les passagers à finir le trajet à la nage…» s’est plu à glisser, avec une pointe d’humour, le PDG d’Airbus. L’avion aura un rayon d’action pratique de 3 900 nautiques, ses trois réservoirs supplémentaires bonifiant de 400 à 500 nautiques les performances de l’A321neo standard.

Avec l’A321LR, Airbus sera surtout à même, dans un second temps, de concevoir un successeur crédible et d’un coût raisonnable aux patrouilleurs spécialisés Atlantic et Orion, à moteurs à hélice et déjà fort âgés, des flottes de l’Otan. A l’heure actuelle, il n’existe sur ce créneau que le P-8 Poseidon de Boeing, réalisé sur une base de 737-800 avec les ailes allongées du 737-900 (un avion commandé, pour l’instant, à 130 exemplaires pour remplacer les P-3 Orion de l’US Navy et les Il-18 “May” de l’Indian Navy). Quant au nouveau quadriréacteur Kawasaki P-1 nippon, il n’est pas exportable en raison de son prix.

Dans la droite ligne de feu les A320MPA et A319MPA, étudiés en détails par la branche allemande d’Airbus, il y a dix ans, pour la marine allemande, l’A321LR devrait se révéler la base la plus judicieuse pour un patrouilleur maritime européen du futur. Car les Airbus CN235 et 295, voire les ATR militarisés, sont dépourvus de toutes capacités océaniques et ne disposent que d’une capacité d’emport en armement limitée.

Pour valoriser le futur “A321MPA”, tout existe déjà en Europe afin de réaliser un patrouilleur “ITAR free” susceptible d’intéresser plusieurs pays. L’occasion est belle et Airbus devrait pouvoir la saisir, appuyé par les équipementiers et motoristes européens.

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