Israël : la «sécurité» passe avant tout

Alors que la Birmanie fait face à une vague de réprobation internationale, les ventes d’armes israéliennes à ce pays constituent un sujet très sensible. Rappelons que les ventes d’armes à la Birmanie ont été interdites par l’Union européenne et les Etats-Unis.

Fait exceptionnel, la cour suprême israélienne, saisie par des militants des droits de l’Homme qui dénoncent ces exportations à un pays accusé de crimes de guerre contre sa minorité musulmane, a gardé le secret sur ses délibérations. Selon ces activistes, la plus haute instance judiciaire israélienne a rejeté leur action pour des «raisons de sécurité» et autorisé le ministère de la Défense à poursuivre les exportations militaires en Birmanie.

Ces dernières années, la coopération entre les deux pays avait été totalement assumée, avant qu’une censure stricte soit imposée. L’Etat hébreu a ainsi accueilli en 2015 le chef d’état-major de l’armée birmane, Min Aung Hlaing, qui avait alors annoncé l’acquisition de vedettes de patrouille de type Dvora III, construites par le groupe public Israel Aerospace Industries.

L’an dernier, la firme israélienne TAR Ideal Concepts avait vendu des CornerShot, un équipement permettant de tirer dans des coins pour le compte des forces spéciales de sécurité de la Birmanie. Le chef de l’Agence pour les exportations militaires israéliennes s’est également rendu en Birmanie en 2016.

A noter que les ONG n’avaient pas eu davantage de succès l’an dernier lorsqu’elles avaient présenté un recours à la Cour suprême contre les ventes d’armes au Soudan du Sud, pays déchiré par la guerre civile, ou lorsqu’elles ont demandé de publier les données concernant les exportations militaires vers le Rwanda avant le génocide de 1994.

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