Israël : rivalités dans la cyber défense  

Une guerre des services d’une ampleur sans précédent fait rage en Israël sur le front de la cyber sécurité. Yossi Cohen (patron du Mossad), Nadav Argaman (chef du Shin Beth), le général Yair Golan (chef d’état-major adjoint en charge des questions de cyber défense à Tsahal), ainsi que le directeur général du ministère de la Défense, Udi Adam, ont rédigé une lettre-pétition pour dénoncer le projet de Benjamin Netanyahu d’élargir à leur détriment les compétences du Cyber Bureau National.

Cet organisme, créé il y a deux ans et doté d’un budget annuel de départ de 55 millions de dollars, qui dépend directement du bureau du Premier ministre, serait chargé d’édicter des directives de protection pour des milliers d’entreprises, d’organisations publiques, d’administrations ainsi que de la gestion des crises pouvant survenir à la suite de cyber-attaques. Autrement dit, une bonne partie des activités des autres services qui combattent sur ce front deviendrait obsolète.

Le Shin Beth serait la principale «victime» de cette réforme car c’est lui qui est en charge de la défense des infrastructures civiles vitales telles que les banques ou les compagnies de communications. Hasard du calendrier : c’est au lendemain de la divulgation de la lettre de protestations des quatre hauts responsables que le Cyber Bureau National a annoncé qu’une cyber-attaque, menée par un groupe de hackers surnommé OilRig, avait visé 120 entreprises privées, des adminis­trations, des instituts de recherche et des hôpitaux. Selon les experts israéliens, ces hackers sont contrôlés par les services de renseignements iraniens.

Le Cyber Bureau a profité de l’occasion pour se targuer d’avoir découvert et fait échec à cette offensive, qui n’aurait pas provoqué de dégâts importants, tout en annonçant une série d’instructions à suivre par les organismes visés. Des hauts responsables du ministère de la Défense ont rapidement dénoncé une «tentative de manipulation».

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