Israël : «contenir» Téhéran

Une possible installation permanente des Gardiens de la Révolution iraniens et du Hezbollah libanais dans la partie restée syrienne du Golan à proximité des lignes israéliennes inquiète Benjamin Netanyahu. Empêcher, par la force si nécessaire, un tel projet est pour lui la principale priorité. Résultat : les raids aériens contre les livraisons d’armes iraniennes au Hezbollah transitant par la Syrie vont se poursuivre ainsi que les éliminations ciblées de responsables militaires iraniens et de la milice chiite dans le secteur du Golan resté syrien.

Depuis 2013, une vingtaine de ces opérations ont été lancées par l’armée israélienne. Les responsables israéliens sont également décidés à détruire toute milice fondée par l’Iran, la Syrie et le Hezbollah qui se livrerait à des attaques visant les colonies israéliennes disséminées sur le plateau du Golan.

Parmi les autres motifs d’inquiétude de l’Etat hébreu figurent en bonne place les discussions qui seraient en cours entre le régime de Bachar al-Assad et Téhéran sur la location à long terme d’un espace dans le port syrien de Lattaquié. Ce qui permettrait à l’Iran d’organiser une présence permanente en Méditerranée, de livrer des armes plus facilement à son allié libanais, de menacer le trafic maritime de l’Etat hébreu ainsi que ses plateformes gazières.

Parallèlement, le chef d’état-major, le général Gadi Eisenkot, a lancé une mise en garde au gouvernement libanais. Selon lui, en cas de nouvelle guerre contre le Hezbollah, Israël visera indistinctement infrastructures civiles et institutions d’Etat, tout comme les objectifs liés au Hezbollah. «Les Libanais doivent bien comprendre qu’ils auront à payer au cas où ils laisseraient le Hezbollah entraîner leur pays dans une guerre», explique un officier. Selon lui, il n’y a aucune raison de ménager le Liban car le Hezbollah fait partie du gouvernement et que le président Michel Aoun soutient ce mouvement à qui il doit son élection.

Ces avertissements se multiplient ces dernières semaines : «Nous devons mettre les points sur les i avant qu’un nouvel ordre s’instaure en Syrie», ajoute cet officier. Ce message est aussi adressé à Vladimir Poutine. Le Kremlin a marqué son mécontentement en convoquant au début du mois l’ambassadeur israélien à Moscou à la suite d’attaques aériennes israéliennes en Syrie. Mais, comme le souligne Avigdor Liberman, le ministre de la Défense, quelle que soit la volonté de ne pas se mettre à dos la Russie, «Israël ne transigera pas sur sa sécurité».

Jusqu’à présent, des «arrangements» conclus entre Benjamin Netanyahu et Vladimir Poutine lors de rencontres ces derniers mois à Moscou ont permis d’éviter des affrontements entre avions des deux pays opérant dans l’espace aérien syrien. Reste à savoir si le président russe acceptera de respecter ces règles du jeu si Israël adopte une tactique beaucoup plus «dure».

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