Iran : le Khorramshahr, un missile nucléarisable

Le missile Khorramshahr, d’une portée de 2 000 km, que l’Iran a testé il y a quelques mois, est équipé d’une tête de 1,5 mètre de diamètre pouvant transporter une charge nucléaire, estiment les responsables militaires israéliens. Ce missile est développé parallèlement au Shahab 3, qui a lui aussi une portée de 2 000 km et peut donc atteindre n’importe quel point du territoire israélien. Mais ce dernier ne peut emporter qu’une charge équivalant à la moitié de celle du Khorramshahr. «C’est pourquoi les Iraniens ont éprouvé le besoin de mettre au point une deuxième famille de missiles nucléarisables», affirme un officier israélien.

Selon les responsables israéliens, l’annonce de cet essai résulte directement de l’accord intérimaire «désastreux» conclu en 2013 entre l’Iran et les grandes puissances sur les missiles. A cette époque, les services de renseignement israéliens savaient que les Etats-Unis avaient donné secrètement leur feu vert aux Iraniens pour mettre au point un missile ayant une portée maximale de 2 000 km, alors qu’ils s’étaient lancés dans le développement de missiles d’une portée de 2 500 à 5 000 km capables d’atteindre l’Europe et le territoire américain.

En acceptant que l’Iran dispose d’engins ayant une portée de 2 000 km, les Américains auraient, selon les Israéliens, cédé aux pressions de Téhéran, qui exigeait de pouvoir disposer de missiles capables d’atteindre Israël et l’Arabie Saoudite.

Selon les experts militaires israéliens, l’annonce du test du Khorramshahr est aussi une conséquence de la crise entre Washington et la Corée du Nord. Au moment où Donald Trump évoque la possibilité de remettre en cause l’accord sur le nucléaire de 2015, Téhéran présente un missile disposant d’un potentiel nucléaire avec comme objectif de faire comprendre à Washington qu’il n’est pas dans l’intérêt de quiconque de tenter d’annuler ou de modifier l’accord.

Le Khorramshahr est un missile d’origine nord-coréenne (basé sur un missile balistique russe tiré à partir d’un sous-marin) qui a été modifié en vecteur sol-sol. Il peut emporter trois têtes, prouvant que l’Iran maîtrise désormais la technologie des têtes multiples. «Nous n’avons pas d’autre choix que de travailler sur l’hypothèse selon laquelle la Corée du Nord coopère avec l’Iran dans le domaine nucléaire, comme cela a été le cas pour la centrale en Syrie», souligne un responsable du ministère israélien de la Défense en faisant allusion à la centrale construite par la Corée du Nord que l’aviation israélienne a détruite en septembre 2007 à Deir-ez-Zor, dans le nord de la Syrie.

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