Intérieur : faire face à la radicalisation

Très critiquée pour son inefficacité, la politique gouvernementale de prévention de la radicalisation tente de tirer les enseignements de ses échecs. Les prestataires, des associations spécialisées dans le champ social ou thérapeutique, sélectionnées dans l’urgence en 2014 par le ministère de l’Intérieur pour répondre à un phénomène croissant et nouveau pour le pays, ont tous été désavoués.

Un rapport parlementaire rendu public en février 2017 pour évaluer l’action publique dans ce domaine les avait même qualifiés d’«amateuristes dangereux». Beauvau, via sa structure dédiée le Comité interministériel de prévention de la délinquance et de la radicalisation (CIPDR), a donc décidé de revoir sa copie et de procéder au renouvellement de ses prestataires sur la base de critères plus exigeants, notamment de savoir-faire, et d’un cahier des charges plus contraignant avec des objectifs de résultats.

Le Plan d’action contre la radicalisation et le terrorisme présenté en mai 2016 prévoit en effet un volet préventif – et non pas seulement répressif – plus conséquent : doté d’une enveloppe de 40 millions d’euros supplémentaires d’ici 2018, il vise à doubler les capacités de prise en charge des jeunes actifs dans les réseaux djihadistes – ou susceptibles de rejoindre leurs rangs – et de leurs familles.

L’appel d’offres, qui vient d’être clos, prévoit deux lots de formation sur l’ensemble du territoire national à partir de cet automne et jusqu’à la fin 2018. Le premier est consacré aux concepts clés de l’islam et ses différents dogmes, dont le «rigorisme», le deuxième aux mécanismes de radicalisation et de ses prises en charge possibles. Ils s’adressent à un public d’acteurs locaux impliqués dans le dispositif de prévention de la radicalisation : services de l’Etat, collectivités territoriales, associations, structures psychologiques ou psychiatriques… Nouveauté : les entreprises étaient cette fois conviées à y répondre.

 

Articles similaires :