Inde : un marché naval XXL

L’Indian Navy a lancé un plan de modernisation tous azimuts sans précédent. Outre la nécessité de répondre à la présence croissante de la marine chinoise dans l’océan Indien, il s’agit, sur le plan de la souveraineté industrielle et sous l’égide de la politique de «Make In India» lancée par le gouvernement Modi, de renforcer la BITD navale en consolidant les chantiers publics, comme Mazagon Docks Limited (MDL) ou Cochin Shipyards, tout en faisant émerger des champions du secteur privé, notamment Reliance Naval & Engineering (RNEL) et Larsen & Toubro (L&T).

L’attribution des différents contrats est donc un enjeu stratégique pour New Delhi, sur un marché gigantesque où les constructeurs étrangers sont amenés à participer, notamment via la procédure de partenariats stratégiques, qui prévoit l’association entre chantier privé indien et partenaire étranger avec transferts de technologies.

Naval Group, déjà présent en Inde avec le programme de sous-marins P75 Kalvari, mené en partenariat avec MDL (classe Scorpène, dont le premier exemplaire vient d’être remis à la Navy), s’est positionné sur les principaux appels d’offres stratégiques. Le premier d’entre eux concerne le programme d’acquisition de six sous-marins classiques supplémentaires P75I dotés de modules AIP et de missiles de croisière, qui devront eux aussi être construits sur place mais cette fois avec davantage de contenu industriel indien (70% contre 30 pour les six précédents).

Naval Group proposera, comme pour la Pologne, un bâtiment adapté aux besoins indiens sur la base du Scorpène dans un contrat estimé à 7,7 milliards d’euros. Le gouvernement indien souhaitant intégrer ce programme dans les partenariats stratégiques, il devra d’abord choisir le chantier indien responsable du programme (RNEL, L&T ou MDL, qui a été retenu malgré son statut de chantier public), puis leurs partenaires étrangers, suite au RFI lancé cet été.

A noter qu’à ce jour, le gouvernement indien n’a pas donné suite à la proposition de MDL de construire trois Scorpène supplémentaires. Sur ce segment de marché, Naval Group est bien positionné pour remporter le contrat global de MCO avec l’Indian Navy pour les six bâtiments de la classe Kalvari, dont l’appel d’offres devrait être lancé en 2018 et qui pourrait inclure une assistance technique avec personnels dépêchés sur place (il ne fournit aujourd’hui que certaines pièces de rechange dans le cadre de petits contrats de soutien signés avec MDL).

Naval Group a également remis en juin dernier son offre pour le programme d’acquisition de bâtiments amphibies (LPD, équivalents du BPC), en partenariat exclusif avec le groupe privé RNEL, à qui Naval Group fournira notamment son savoir-faire en matière de design et une assistance pour la phase de construction, avec montée en compétence et, au besoin, remise à niveau du chantier Pipavav de Mumbai. Une offre qui a dû être remise à jour après modification de la cible de deux à quatre bâtiments, la décision indienne étant attendue cette année pour une signature du contrat en 2018.

Naval Group espère aussi décrocher le contrat d’acquisition de torpilles lourdes avec sa F21, une procédure relancée récemment après l’annulation de la commande de torpilles BlackShark à WASS (groupe Leonardo). Un RFI a été formulé début août et un RFP est attendu en 2018, pour une signature du contrat en 2020. Naval Group serait ouvert à la signature d’un joint-venture avec un partenaire indien pour une production locale dans le cadre du «Make in India».

Enfin, à plus long terme, le groupe français se tient prêt pour le programme de construction d’un second porte-avions indien (IAC-2), dont les spécifications font encore débat à New Delhi, qu’il s’agisse de son type de propulsion ou de son tonnage.

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