Inauguration d’un cyber commandement

La guerre informatique n’est depuis longtemps plus une chimère. Les menaces que font peser les piratages de données sur l’économie ou sur les élections sont bien réelles. Ce n’est ainsi pas un hasard si le Bundestag, gravement paralysé l’été dernier par des hackers venus de l’est, vient une nouvelle fois d’être attaqué.

La Bundeswehr se positionne donc sur ce nouveau front avec, mercredi 5 mars, l’inauguration en grandes pompes par la ministre Ursula von der Leyen  du «Kommando Cyber- und Informationsraum» (Commandement  pour l’espace informationnel et informatique – KdoCIR). Celui-ci sera la tête militaire d’une nouvelle  «arme» qui doit, à terme, réunir près de 14 000 experts militaires et civils et se doubler d’une «cyber réserve», constituée de civils non intégrés à l’armée mais collaborant à l’occasion.

Sur les neuf premières semaines de l’année 2017, les services de l’armée allemande ont enregistré près de 284 000 attaques, a expliqué le général Ludwig Leinhos qui est le nouvel «Inspekteur», c’est-à-dire le chef d’état-major, de cette nouvelle unité.

Toute la gageure de l’opération est d’être capable de réunir les experts nécessaires. En effet, la concurrence des salaires proposés aux informaticiens dans le civil est redoutable et redoutée par les militaires. Selon la secrétaire d’Etat à l’Armement, Kathrin Suder, la Bundeswehr a pu, en 2016, augmenter de 60% le nombre d’informaticiens recrutés. Cependant, comme le BND en fait actuellement la dure expérience, il est extrêmement difficile de recruter des spécialistes tout à la fois à la page et, par exemple, capables d’opérations délicates de piratage. «Nous ne sommes plus en présence de cycles d’innovation du type de ceux que l’on trouve sur un projet comme l’Eurofighter», a expliqué Mme Suder.

En clair, en comparaison avec le monde de l’armement, l’univers de l’internet et de l’informatique évolue et se renouvelle à grande vitesse. C’est pourquoi il a été prévu d’attribuer 25 millions d’euros à un projet-pilote de «Cyber innovation hub» qui sera testé pendant trois ans. Ce «sas» devra établir un lien entre un monde militaire qui bouge lentement et un «écosystème» rapide et volatile de start-ups et d’experts évoluant parfois aux limites de la légalité.

Pour faciliter le recrutement, la Bundeswehr a prévu que des exceptions au règlement soient possibles dans ce secteur. Pour être recruté, il ne sera plus nécessaire d’avoir une condition physique au-dessus de la moyenne ou encore des diplômes du supérieur, pourvu que l’on maîtrise une des compétences recherchées.

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