Hôpitaux : complémentarité civilo-militaire

Jean-Yves Le Drian et Marisol Touraine ont signé, jeudi, à l’hôpital Percy (Clamart) un protocole visant à renforcer la coopération entre les deux ministères et à assurer un meilleur ancrage territorial des hôpitaux militaires, de façon non concurrente aux hôpitaux civils.

Pour le Service de Santé des Armées (SSA), cet accord fixe le cadre de réformes majeures lancées par le projet «SSA 2020» : des hôpitaux militaires transformés et redimensionnés et la création d’une médecine des forces de proximité, que seul un fonctionnement équilibré des hôpitaux militaires permet de garantir et de renforcer.

Rappelons que l’objectif premier du SSA est de répondre au besoin de santé du ministère de la Défense, c’est-à-dire de remplir ses missions militaires (projection d’équipes médico-chirurgicales capables de durer, et donc de se relayer sur les théâtres…), et de répondre au besoin de soin des ressortissants défense.

Or, pour pouvoir assurer ces missions et conserver les huit hôpitaux militaires prévus dans le contrat opérationnel, il faut garantir leur insertion dans le territoire de santé pour atteindre la masse critique d’activité sans laquelle ni le maintien d’un bon niveau de performance et de formation des personnels ni la viabilité économique ne sont possibles. Ainsi, la mutualisation des moyens actée dans le protocole sera bénéfique aux deux systèmes de santé, en optimisant la performance et l’utilisation des capacités matérielles (comme les IRM) et humaines (médecins militaires travaillant dans des hôpitaux civils au sein d’équipes mixtes…). Pour le SSA, l’imbrication avec la santé civile permettra donc de garantir un bon niveau d’activité et d’assurer un ancrage non redondant sur le territoire.

Le secteur civil pourra soulager l’engorgement de ses services, orienter ses patients vers des équipements disponibles tout en continuant de bénéficier des savoir-faire qu’offre la médecine militaire : pratique de la médecine en conditions NRBC ou de la chirurgie de guerre, comme c’est le cas depuis les attentats de 2015, avec des formations spécialisées dispensées par le SSA. Cette complémentarité renforcée pourrait aller jusqu’à la création prochaine d’ensembles hospitaliers mixtes regroupant des services civils et militaires.

Il s’agit donc d’une vraie rupture, lorsqu’on sait que les offres de soin étaient jusqu’alors décidées par deux autorités différentes sans réelle coordination, et que, par exemple, les schémas régionaux d’offre de soin ne prenaient pas en compte les hôpitaux militaires.

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