Gulbuddin Hekmatyar, cavalier chinois sur l’échiquier afghan

La décision de Gulbuddin Hekmatyar de signer un traité de paix à Kaboul jette une lumière crue sur l’un des dirigeants moudjahidines sur lequel la Chine a toujours misé.

L’Onu ayant décidé, en début d’année, de lever les sanctions contre son groupe, le Hezb-e-Islami, il ne restait plus qu’à lui dérouler le tapis rouge (rappelons que la France s’y était initialement opposée car elle n’a pas oublié l’embuscade montée par ce groupe à Uzbin, en 2008, provoquant la mort de dix de ses soldats).

Dès l’époque de la lutte contre l’URSS, Hekmatyar avait reçu un soutien logistique de la Chine, autant que celui de l’ISI pakistanaise et des Saoudiens. Après le 11 septembre 2001, malgré ses relations avec Al-Qaida, les services chinois ont continué à entretenir des liens avec le Hezb-e-Islami. Il s’est alors rapproché non seulement des Chinois mais aussi des Russes. Ces derniers ayant engagé des liens avec des factions des talibans, on voit bien comment se positionne l’échiquier afghan d’autant que Gulbuddin Hekmatyar vient de leur lancer un appel à le rejoindre dans le «processus de paix».

Sur le plan stratégique, Pékin espère ainsi obtenir la fin de l’entraînement des guérilleros ouigours entraînés dans des camps afghans subventionnés par l’Arabie Saoudite et le Pakistan, lesquels Ouigours menacent le fameux «Corridor économique Chine-Pakistan».

 

 

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