Guerre électronique : la réponse aux menaces hybrides ?

Le choix devenu systématique de la Russie, de la Chine et de l’Iran de poursuivre des offensives militaires sans recourir à un niveau de violence justifiant une réponse américaine de grande ampleur empêche désormais Washington de soutenir efficacement ses alliés sans risquer l’escalade. C’est sur la base de ce constat que le think tank américain CSBA (Center for Strategic and Budgetary Assessments) a réalisé un rapport remarqué, qui démontre que la maîtrise de l’espace électromagnétique est la réponse dont le rapport coût/efficacité reste le plus attractif.

Pour le CSBA, l’approche hybride de Pékin et de Moscou se caractérise par l’emploi de capteurs et de vecteurs à longue portée permettant de lancer impunément des attaques de faible intensité. Il s’agirait donc de dégrader ces capteurs et ces effecteurs par la démultiplication en réseaux de moyens de guerre électronique (GE) à la fois défensifs et offensifs, mais suffisamment discrets pour pouvoir identifier la source.

Parallèlement, le CSBA recommande le recours aux drones «low cost» (mini UAV, drones suicides) et aux missiles à charge offensive amenés sur zone par des plateformes sous-marines robotisées (XLUUV) plutôt que d’investir massivement sur de coûteuses plateformes multi-rôles. Ces vecteurs permettraient, en raison de leurs faibles signatures, une approche en trois phases pour neutraliser les réseaux A2/AD, C3ISR et les armements de précision adverses : infiltration massive de la zone d’interdiction, saturation en réseau des capteurs adverses et neutralisation des points nodaux.

Plusieurs projections opérationnelles et budgétaires insérées dans le rapport viennent consolider l’intérêt d’une telle approche. Le double recours à des dispositifs offensifs et défensifs permettrait à la fois d’économiser les coûts de systèmes d’armes devenus inefficients avec la doctrine hybride, mais aussi de contraindre l’adversaire à une course aux armements conventionnels face aux risques de saturation de ses effecteurs. Une stratégie de guerre électronique qui s’accompagne donc d’une stratégie de guerre économique.

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