Futures surprises pour le Rafale ?

Serions-nous à la veille — ou l’avant-veille — de deux nouveaux contrats exports pour le Rafale ? Si Dassault Aviation n’a nullement communiqué sur le sujet, c’est le rapprochement stratégique et industriel de deux de ses plus fidèles clients (l’Inde et les Emirats Arabes Unis) qui pourrait en être la conséquence la plus immédiate.

La visite en Inde du prince héritier d’Abou Dhabi, Cheikh Mohamed al-Nayan, invité d’honneur du «Republic Day», le 26 janvier, s’est conclue par la signature d’un partenariat stratégique, du renforcement de l’accord de renseignement déjà initié, ainsi que la signature de douze autres MoU dans les domaines cyber, pétrolier, maritime, BTP, R&D, mais surtout de défense.

Depuis sa visite aux EAU en 2015, Narendra Modi cherche à rapprocher les deux BITD autour de programmes communs. Si le gouvernement indien a proposé à Abou Dhabi son missile BrahMos et plusieurs plateformes navales, il serait déjà parvenu à obtenir le contrat de maintenance du système sol-air Pantsir.

Mais surtout le ministre indien des Affaires étrangères, Amar Sinha a déclaré, lors de sa conférence de presse de mardi dernier, que le Rafale serait un parfait exemple de coopération industrielle avec les EAU, qui cherchent à remplacer leurs Mirage 2000-9 et restent l’un des prospects exports les plus sérieux pour l’acquisition d’une soixantaine de Rafale. Mais ils veulent également développer leur industrie de défense.

Or, le partenaire de Dassault pour le Rafale en Inde, le groupe Reliance, vient de signer un MoU portant sur la production et la maintenance de «plateformes militaires» avec le groupe émirati EDIC, dirigé désormais par l’ancien PDG de Thales, Luc Vigneron, un proche de Charles Edelstenne.

Si le «workshare» sur le Rafale Inde est certes bouclé entre Dassault-Reliance et HAL, le 27 janvier, le ministère indien de la Défense a lancé une RFI dans le cadre d’un appel d’offres pour l’acquisition de 57 avions de combat destinés à ses futurs porte-avions. Les principaux candidats seraient le JSF et le F-18 américains, le Mig-29 K, russe dont l’Indian Navy dispose de deux escadrons, et le Rafale Marine.

Les chances américaines sont minces, puisque à chaque fois que l’Inde est entrée en guerre, le Congrès a immédiatement déclaré un embargo sur les pièces détachées. Quant aux Russes, même s’ils ont l’avantage d’avoir déjà formé les pilotes de l’aéronavale, la décision de l’Indian Navy d’opter pour la technologie CATOBAR tout temps (catapultage) pour leur prochain porte-avions «Vishal» rend l’acquisition du Mig-29K impossible dans l’état actuel de son développement. Reste donc à être patient.

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