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Directeur: Guy Perrimond |
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Lettre d'informations stratégiques et de défense |
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Dossier |
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04/03/2009 |
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IDEX 2009 |
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France-EAU : “l’allié choisi” Si le renforcement des relations entre la France et les Emirats arabes unis est incontestable, les participants français à Idex ont remarqué qu’il reste encore beaucoup de chemin à faire avant que la relation prenne de l’épaisseur (diplomatique, militaire, économique, commerciale, culturelle). La visite attendue de Nicolas Sarkozy en mai prochain prend donc une importance particulière. Elle pourrait marquer un tournant entre les deux pays, si certains facteurs sont pris en compte. D’abord, le Président inaugurera les implantations françaises, ce qui donnerait un signal fort de l’engagement français par rapport à l’accord de défense commune signé entre les deux pays. En attendant l’arrivée des premières unités de fantassins sur la base française locale, les trois Mirage de l’armée de l’air continuent leurs missions quotidiennes avec les forces aériennes émiraties à partir de Dhafara, qui abrite aussi des éléments américains et italiens. Les Emiratis souhaiteraient que les Français remplacent les Mirage par des Rafale. Ensuite, le Salon Idex confirme que les EAU sont prêts à annoncer leur choix pour des sociétés devant réaliser un certain nombre de grands programmes civils et militaires (centrale de type EPR, avions de combat de cinquième génération...). Des sociétés françaises sont en compétition pour gagner ces marchés. Ce qui nécessite une présence permanente et des contacts intensifiés avec les EAU. Les Emiratis ont été surpris par l’absence d’un certain nombre de PDG (Thales, Safran, Dassault, EADS). Il est vrai que la crise économique et la baisse du prix du pétrole menacent des programmes, mais la situation aux EAU est meilleure, compte tenu de son excédent budgétaire considérable (premier dans le monde arabe et quatrième dans le monde). En plus, parier sur les relations entre Abou Dhabi et Paris n’est pas une assurance suffisante pour gagner des contrats : les autres pays font aussi des efforts. L’Italie vient, pour la première fois, de dépasser la France dans les échanges avec les EAU en 2008. Les Emiratis demandent aussi des engagements fermes à la signature de contrats (strict respect des spécifications et de standards). Les EAU ont émis une déclaration de principe pour l’acquisition de Rafale. Ce qui a été confirmé sur Idex. Mais ils y mettent des conditions : outre la demande d’un moteur plus puissant, la reprise des 60 Mirage 2000-9 pour que l’armée émiratie achète 60 Rafale. Deuxièmement, il faudra utiliser les systèmes d’armes et équipements des Mirage pour armer les Rafale. Troisièmement : acquérir les meilleures technologies (non dégradées) et notamment le missile air-air Meteor. Quatrièmement : renforcer les échanges commerciaux. Ce qui passe par un rôle accru des PME, comme le font les Allemands et les Italiens (ne pas se concentrer sur les grands programmes). Il conviendra aussi d’éviter les querelles franco-françaises en consolidant la coordination au sein d’équipes intégrées (un seul interlocuteur). Enfin, les EAU décideront seuls des priorités du projet, ce que Paris devra prendre en compte. La création de la nouvelle entité Critical National Infrastructures Authorities en est une preuve. Placée sous l’autorité du Prince héritier et chef d’état-major, le cheikh Mohammed, et dirigée par le général cheikh Akhmed Ben Tahnoun, ancien commandant d’escadron Leclerc, elle regroupe les gardes-frontières, les gardes-côtes et les unités de protection des installations sensibles. Cela montre que les activités Homeland Security deviennent prioritaires. Comme le disait Guy Teissier, président de la commission de la Défense de l’Assemblée nationale, qui a dirigé la délégation parlementaire à Idex, la France tient des positions solides aux EAU. Il existe une volonté politique des Emirats pour renforcer les relations avec la France en étant “l’allié choisi”, contrairement aux Américains, “l’allié obligé”.
Le Koweït s’intéresse au Rafale Les intentions du Koweït concernant l’achat de nouveaux avions de combat semblent se préciser. Selon une source industrielle française présente au Salon Idex 2009, le gouvernement koweïtien a consacré un budget pour ce programme, qui comprend l’achat d’une vingtaine d’avions de combat de nouvelle génération, destinés à remplacer les F-18 Hornet américains. L’état-major de l’armée koweïtienne, qui connaît déjà bien le Mirage F1, a manifesté de l’intérêt pour le Rafale. Une délégation de l’état-major émirati s’est rendue en France, il y a quelques mois, pour assister à une démonstration de cet avion.
Joint-venture entre EADS et C4AS L’une des surprises du Salon Idex 2009 est sans doute l’annonce de la constitution d’un joint-venture entre EADS/DS et la société émiratie C4 Advanced Solutions (C4AS), détenue à 100 % par Emirates Advanced Investments Group. Le groupe européen espère équiper l’armée émiratie d’une panoplie de systèmes d’informations et de télécommunications, permettant de coordonner au plus haut niveau les systèmes C4i utilisés dans le pays. Il y a près d’un an, le commandement émirati avait choisi la société CS Defense pour effectuer, dans un délai de six mois, les études préliminaires de ce système (Risk Reduction Study). La société avait demandé un délai supplémentaire pour achever l’étude, mais, après dix mois, elle n’est pas encore passée à la phase 2 du projet. EADS/DS souhaiterait participer à ce programme, en coopération avec les sociétés émiraties. Le chef d’état-major de l’armée émiratie, le général ckeikh Mohammed Ben Zayed, a fait connaître sa volonté de bâtir des capacités locales dans ce domaine, par le biais de transferts de technologies, afin de pouvoir se tourner vers les marchés régionaux. Ainsi, Oman souhaiterait lancer la seconde phase de son programme de C4i, qui comprend des systèmes de patrouille maritime, tandis que le Koweït a commencé à effectuer des études pour des systèmes C4i, comprenant un volet de “sécurité maritime”. Il en est de même pour le Qatar, qui a mis au point son programme NSS (National Security Shield). Une cinquantaine d’experts d’EADS/DS se trouvent actuellement au Qatar dans le cadre de la construction du programme NSS.
Des Marte à Abou Dhabi En marge du Salon Idex, la marine d’Abou Dhabi a signé un contrat avec MBDA pour l’achat de missiles Marte. Ces engins serviront à armer des vedettes de type Ghanata (origine suédoise) construites par les chantiers navals d’Abou Dhabi (ADSB). Ces embarcations d’origine suédoise mesurent 25 mètres et sont utilisées dans des missions de protection des côtes. L’état-major de la marine émiratie avait choisi d’armer une partie de ses vedettes par des Marte et une autre avec des systèmes d’artillerie finlandais Patria.
Coopération renforcée Selon des sources militaires françaises, l’armée émiratie devrait effectuer des essais à l’été sur le système d’artillerie Caesar et le véhicule de transport de troupes VBCI, en coopération avec l’armée de terre française et Nexter. Au cours du Salon Idex 2009, le groupe a présenté le premier exemplaire du véhicule Aravis. |
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Sytème chinois défectueux
Le programme de vente du système d’artillerie chinois PZL 45 à l’Arabie Saoudite est en butte à des difficultés techniques. Ces systèmes souffrent de fuites hydrauliques et leur radar serait défectueux. En outre, les Saoudiens se plaignent du retard chinois dans la traduction de la documentation et la maintenance de ces systèmes. Riyad avait choisi de monter ce système sur un châssis Panhard TC-54, spécialement développé pour l’armée saoudienne.
Perspectives prometteuses pour le Nimr
Suite au succès rencontré par les véhicules Nimr, fabriqués par le groupe émirati Bin Jabr, la société prévoit de construire une deuxième usine en Jordanie, afin de faire face à une demande croissante. A ce jour, le groupe a reçu des commandes de plus de cinq pays arabes, notamment les Emirats arabes unis et l’Algérie, pour un total de 2 000 véhicules. A l’occasion du Salon Idex 2009, Bin Jabr a annoncé la conclusion d’un accord avec la Libye, pour la fourniture de 120 véhicules 4x4 et de deux véhicules de commandement Nimr. Le groupe vise à produire, par an, entre 500 et 600 véhicules à moyen terme et un millier à long terme, et devenir ainsi un acteur régional majeur dans ce domaine. Il devrait commencer la livraison de ses premiers véhicules 4x4 dans les trois prochains mois. Bin Jabr fabrique onze versions du Nimr (lance-missiles, défense aérienne, antichars, transport de troupes, etc.), à quatre ou six roues, dont le poids est compris entre trois et neuf tonnes. Le Nimr est doté d’un moteur américain Cummins, d’une puissance de 250 à 300 chevaux et d’une boîte de vitesses Allison. Outre son importante autonomie, le Nimr bénéficie d’un niveau de protection Otan Stanag 3 et d’une protection antimines de niveau 3 (8 kg de TNT). Le groupe Bin Jabr a réussi, au cours des sept dernières années, à nouer une étroite relation avec des groupes industriels internationaux du secteur de la défense, notamment Thales, MBDA, Safran et Lacroix.
La bonne santé de Cilas
Dans le cadre du contrat Baynunah, prévoyant la vente de six corvettes CMN aux Emirats arabes unis, la société Cilas propose d’équiper ces bâtiments du système Savecopter, pour faciliter l'atterrissage des machines sur les plates-formes navales Helicopter Visual Aid Landing System. Parallèlement, les chantiers navals se préparent à mettre la première corvette émiratie à l’eau. Plus de 150 systèmes Savecopter ont été vendus aux marines de plusieurs pays, comme la France, l’Australie et Oman. Par ailleurs, l’armée de terre américaine a présenté, lors du Salon Idex, le système SLD 500 (Sniper Laser Detecter System) de Cilas, sachant que les Etats-Unis sont le deuxième client de ce système après l’armée française. Cilas est un joint venture détenu à 67 % par EADS et à 23 % par Areva.
EADS dans la sécurité globale
Au cours du Salon Idex 2009, la société EADS/DS a signé un contrat avec le ministère émirati de l’Intérieur, prévoyant de réaliser un “Master Plan” destiné à définir les besoins du pays en termes de sécurité ainsi que les matériels nécessaires. Selon un responsable du groupe européen, cet accord conforte le rôle d’EADS/DS dans ce secteur, EADS ayant déjà été choisi pour un certain nombre de grands projets du même ordre, comme le “National Security Shield” au Qatar, le contrôle des frontières de la Roumanie, la sécurisation du port marocain de Tanger, le programme Fire Control en Grande-Bretagne... Sans oublier le contrat de protection des frontières nord de l’Arabie Saoudite (“Northern Fence”) et le contrat SIE de protection des frontières sud, est et ouest, terrestres et maritimes. Riyad a récemment demandé à un certain nombre de groupes internationaux du secteur de lui soumettre un Request for Information (RFI) concernant la réalisation des deux dernières phases du programme de protection des frontières, liées aux véhicules terrestres et aux plates-formes maritimes, sans toutefois lancer d’appel d’offres. Par ailleurs, EADS/DS a présenté deux offres en Algérie pour les marchés de contrôle des frontières terrestres et maritimes.
Thales actif dans le Golfe
Au cours des derniers mois, la société Thales a signé un certain nombre de contrats au Moyen-Orient, notamment aux EAU. Dans le domaine du transport au sol, la société, dont la division Solutions de sécurité et de services s’est implantée à Dubaï en 2007, a remporté un contrat pour le métro de cette ville. Lequel prévoit l’installation du système de conduite automatique et de paiement sans contact sur les deux premières lignes de métro, qui doivent ouvrir en septembre 2009. Thales fournira, en outre, les systèmes de sécurité des nouveaux aéroports de Dubaï et de Doha. Par ailleurs, Thales a obtenu, en 2008, le contrat d’installation des contrôles d’accès, notamment par vidéosurveillance, de Borouge 2, une usine pétrochimique de l’Adnoc, la société pétrolière nationale des EAU, en cours d’installation dans l’Ouest du pays. Rappelons qu’au Maroc, il y a plus d’un an, Thales avait mis en place le système de sécurité, par l’enregistrement des données biométriques, de la nouvelle carte d’identité.
Nouveau drone-roquette
La société MBDA a profité du Salon Idex 2009 pour présenter, pour la première fois, son système Fire Shadow. Il s’agit d’un UAV tiré à partir d’un lanceur terrestre, dont la portée est d’une centaine de kilomètres, mais qui agit en bout de course comme une roquette. Ce drone-roquette est équipé du système Istar. Il se distingue par un coût qui n’est guère supérieur à celui d’une roquette ordinaire GMLRS.
Les armes légères a Idex 2009
La dernière édition du salon Idex a permis aux nombreux visiteurs de faire le point des nouveautés en matière d’armes légères de petit calibre et des tendances actuelles du marché. Dans le domaine des armes de poing, ce sont les semi-automatiques Caracal, développés et réalisés aux Emirats Arabes Unis, qui ont suscité l’intérêt des visiteurs, notamment les tous récents modèles C et SC à carcasse en polymère, disponibles en calibre 9 mm OTAN et en .40 Smith & Wesson, ainsi que les différents pistolets pour emploi militaire et/ou de police proposés par les fabricants turcs Sarsilmaz, Tisas et Girsan. Ils se caractérisent par un rapport qualité prix dès plus remarquables. Les principales nouveautés en matière de pistolets-mitrailleurs étaient exposées dans les stands chinois et des pays de l’Europe de l’Est, notamment le CS/LS 06 de Poly Technologies, modèle ultra compact que le fabricant chinois a équipé d’un système d’alimentation par chargeur tubulaire à grande capacité (50 coups), et le VMS 07 slovaque de Technopol International, doté de rails Picatinny permettant le montage de divers types d’accessoires d’aide au tir (ce même fabricant proposait aussi un nouveau lance-grenade de 30 mm, appelé RAG-30, alimenté par chargeur vertical de 5 coups). Même chose côté armes longues, avec de nouvelles versions du M21 proposées par Yougoimport, des modèles russes, type Kalachnikov, réalisées KBP, et Type 97 chinois de Poly Technologies. Toujours dans le domaine des fusils d’assaut, le fabricant américain Colt proposait une nouvelle version de la famille M16/M4, dite IAR (Infantry Automatic Rifle), basée sur l’architecture MUC (Monolithic Upper Receiver), avec rails MIL-STD-1913 pour le montage d’accessoires (poignée antérieure, dispositifs de visée, etc.). En matière d’armes longues de précision, outre à une nouvelle variante du Tactical Sniper M&P (Military & Police) de Smith & Wesson en calibre 7,62 mm OTAN, signalons les modèles allemands Haenel RS 8 Standard, Compact et Subsonic, la gamme toujours plus vaste des sniper rifles proposés par le fabricant sud-africain Truvelo Armoury dans différents calibres, le M99 chinois de Poly Technologies, chambré soit pour la 12,7 mm OTAN (M99-II) soit pour la munition russe de 12,7 x 108 mm (M99-I), et le JNG turc de MKE en 7,62 mm OTAN. Enfin, nouveauté remarquable, le PAW (Personal Area Weapon) sud-africain de Neopur/Gemaco Elbree Manufacturing. Il s’agit d’une arme semi-automatique compacte, de type SAS (Stand Alone System), alimentée par chargeur de 6 coups, qui a été conçue pour permettre le tir sans appui, debout, à l’épaule ou à la hanche, de la puissante munition de 20 x 42 mm, type HEI/SAPHEI/APC.