Le Maroc et le Rafale...
Aucune annonce du Maroc n’a finalement eu lieu au Salon du Bourget à propos du Rafale. Elle pourrait, selon nos informations, intervenir lors de la première édition du Salon international des industries et services aéronautiques Aeroexpo, où Dassault étudie les modalités de sa participation. Il s’agit du premier Salon international au Maghreb, dédié aux industries et services aéronautiques à la fois civils et militaires, et visant à créer un espace d’échange entre les opérateurs locaux et internationaux. Le Salon se déroulera à Marrakech du 24 au 27 octobre prochain. Selon Frédéric Le Henaff, commissaire général du Salon, une démonstration en vol du Rafale et une présentation en statique seraient envisagées. De son côté, Dassault n’a pas encore arrêté sa décision. Quoi qu’il en soit, ce sera une occasion pour le gouvernement marocain de confirmer ou d'infirmer les rumeurs qui circulent depuis plus d’un an sur l'éventuel achat par le Maroc de 12 à 18 Rafale (voir TTU n° 585). Et peut-être mettre fin aux spéculations sur le mode de financement de ce lot d’avions, soit par l’Arabie Saoudite, soit par un partenariat public-privé, à quelques jours d’une tournée du président Sarkozy au Maghreb, qui commencera par le Maroc. Ce dernier sait qu’il doit se doter d’une flotte de chasse ainsi que de nouveaux armements terrestres et navals pour rééquilibrer l’équilibre stratégique dans la région, avec une Algérie équipée des avions de chasse et équipements sol-air russes de dernière génération. Les récents développements au Sahara occidental plaident également en faveur d’un réarmement du Maroc.
Le Bourget sans l’ALAT
Le Salon du Bourget a été l’objet, semble-t-il, d’une incompréhension entre l’armée de terre et l’armée de l’air à propos des voilures tournantes. Il y a environ six mois, l’armée de terre a proposé une présentation statique du Tigre et trouvé un écho auprès des organisateurs du Salon. L’armée de l’air et la DGA encouragent, au départ, également cette initiative avec l’idée d’effectuer une démonstration en vol par un pilote de l’ALAT et non pas d’Eurocopter. Mais alors que l’ALAT s’entraîne aux figures, les semaines s’écoulent pour déboucher sur une réponse négative : «Il n’y a pas de place en statique pour le Tigre sur le stand de l’armée de l’air.» Dès lors, l’intérêt de réaliser une démonstration en vol par l’ALAT n’avait plus d’intérêt et a été annulée la semaine dernière. Ce qui, pour les spectateurs, importe peu, puisque Eurocopter effectue une démonstration dynamique et statique du Tigre. De son côté, l’armée de l’air aligne, en statique, deux hélicoptères dédiés à la surveillance aérienne (MASA) et aux missions Resco et SAR : un Fennec et un EC 725 Caracal, le Fennec devant réaliser une apparition en vol.
La Turquie offusquée
Le Salon du Bourget ne compte, cette année, que quatre entreprises turques (dont le groupe aéronautique TAI), contre une dizaine il y a deux ans. Une désaffection vraisemblablement liée à la crise des relations franco-turques, qui a entraîné la suppression du poste d’attaché d’armement à l’ambassade de France d’Ankara. Selon une source de TTU, la présence d’une délégation officielle, qui devait être conduite par le général de corps d’armée Şevket Dingiloğlu, patron de la logistique au sein de l’armée turque, a été annulée au dernier moment par la partie turque. Cet officier supérieur aurait pris ombrage du peu d’égard que lui aura accordé la DGA, lui proposant un accueil d’un rang protocolaire qu’il aurait considéré comme médiocre. Ce qui correspondrait en réalité au classement de la Turquie comme “pays sans prestations”, en l’absence de contrats et d’accords de coopération bilatéraux. Quoi qu’il en soit, cet incident aurait éloigné encore plus les perspectives de voir Eurocopter remporter le contrat des hélicoptères de soutien de l’armée turque.
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La DGA a effectué en temps réel sur le Salon du Bourget une communication satellite d’un aéronef évoluant au sud de la France à une station sol, via une liaison satellite par laser. L’intérêt de ce type de liaison vient de sa robustesse (indétectable, il est impossible à brouiller) et de son très haut débit (130 megabits par seconde contre 30 pour une liaison classique et jusqu’à quatre canaux). Dénommé Lola (liaison laser aéroportée), le développement de ce démonstratreur aura coûté environ 40 millions d’euros. EADS Astrium en était le maître d’œuvre avec la participation de l’Onera. Bien qu’il ne s’agisse encore que d’un programme exploratoire, l’application intéressante pour ce genre de liaison serait d’en équiper les drones (et transférer en temps réel des images optiques, infrarouges, SAR...). A noter que le SIDM sera équipé d’une liaison satellite. La France semble avoir pris une longueur d’avance, toute la difficulté résultant dans la finesse du pointage (le faisceau fait une douzaine de centimètres de diamètre).
Thales à l’épreuve de l’Afghanistan
Les forces de l’Otan en Afghanistan sont actuellement en phase de tests de leurs nouveaux services de communications sécurisées, tous opérés par Thales. Pour une durée minimale de trois ans et pour un montant supérieur à 100 millions d’euros, Thales et l’agence C3 de l’Otan se sont mis d’accord pour que le groupe français d’électronique ait en charge la fourniture, l’exploitation et la maintenance d’un réseau de communications de théâtre et de communications par satellite sécurisées. Avec une garantie 24h/24h pour l’ISAF. Le réseau Thales sera, à terme, déployé sur 60 points de présence (soit une soixantaine de personnes) pour environ 300 “shelters”. Selon une information en provenance de Kaboul, «le déploiement s’effectue dans des conditions délicates en raison de la situation sécuritaire mais le personnel de Thales estime pouvoir achever le déploiement d’ici à la fin 2007».
Le C27J préféré
L’avion de transport tactique conçu par Alenia Aeronautica, le C27J, a, comme prévu, remporté le contrat Futur Cargo Aircraft du Pentagone. Un contrat important en valeur (à terme 6 milliards de dollars). Le contrat initial prévoit la livraison de 54 appareils pour l’armée de terre américaine (pour remplacer les C-23 Sherpa et les hélicoptères CH-47 Chinook) ainsi que de 24 appareils pour l’armée de l’air. La valeur de cette première tranche est de 2 milliards de dollars. 207 appareils devraient être vendus au Pentagone.
Test pour l’Eurofighter
L'Indian Air Force (IAF) et la Royal Air Force (RAF) vont entreprendre une série de manœuvres conjointes appelées Danush 07, qui doivent se dérouler sur dix jours, du 2 au 12 juillet prochain. Le contingent indien sera composé de 8 Sukhoi 30MKI, deux ravitailleurs IL-78MKI Midas et deux transports moyens IL-76 Gajraj. La RAF alignera, quant à elle, des Eurofighter Typhoon, ce qui permettra aux pilotes de l'IAF de se mesurer pour la première fois aux appareils de quatrième génération, après des performances remarquées lors des “dogfights” contre les F-15C et F-16 et les Mirage 2000. Ces exercices indo-britanniques, auxquels assistera le chef d'état-major de l'air indien, l'Air Chief Marshall Fali Homi Major, constitueront aussi un test important pour le consortium Eurofighter, qui propose son appareil à Delhi dans le cadre du contrat MRCA portant sur 126 unités.
Le Camcopter S-100
Pour la première fois, le drone Camcopter S-100 de l’autrichien Schiebel a reçu le sésame : le «Permit to Fly», l’autorisation de vol émise par l’EASA (European Aviation Safety Agency). L’Agence européenne de la sécurité aérienne est une agence de l’UE, qui s’est vue attribuer des tâches d’exécution et en matière de réglementation dans le domaine de la sécurité aérienne. Elle certifie des produits de l’aviation civile dans son ensemble. Le Schiebel Camcopter S-100 est l’un des premiers drones, et le premier drone-hélicoptère à recevoir l’autorisation de vol de l’EASA. Cette autorisation ouvre la possibilité de faire des vols d’essai et des démonstrations. Ce drone a déjà été présenté au salon IDEF en Turquie.
NH90 : nouvelles commandes
Le NH90 continue sa progression ascentionnelle à l’export. Eurocopter a signé pour 10 NH90 avec la Belgique en version TTH. De son côté, l’Allemagne a signé pour 42 NH90 supplémentaires (TTH), soulignant l’importance d’avoir un outil de transport tactique.
Nexter se lance dans le “e-learning”

Nexter (ex-Giat Industries) présente durant le Salon du Bourget un nouvel outil de formation à la maintenance, appelé GVT (Generic Virtual Training). Initialement conçu pour des applications terrestres, notamment VBCI, Caesar ou char Leclerc, ce logiciel d’enseignement assisté par ordinateur, reconstitue en 3D l’environnement dans lequel se trouveront les ouvriers de maintenance : outils à utiliser, machines complexes reconstituées, insertion d’éléments perturbants... Les équipes de maintenance réalisent donc leurs opérations sous l’œil des formateurs qui les guident depuis un poste à distance. Sans remplacer la formation sur systèmes réels, le but est de réduire les coûts de formation tout en préparant mieux les ouvriers. Déjà, l’école supérieure d’application du matériel de Bourges vient de commander le système pour le Leclerc et d’autres prospects de contrat sont engagés. Ouvert à des applications aéronautiques et civiles (il suffit d’entrer les caractéristiques du matériel), Nexter table sur un million d’euros de CA sur ce produit en 2007, dont 5 à 10 % de clients aéronautiques et civils (application ferrovières...).
Le A-67 Dragon : une réponse rustique
Les Etats-Unis ont conduit des recherches sur les nouvelles formes de guerre pour aboutir à l’idée d’un retour du combat sur la terre. Les forces spéciales et l’US Army sont celles qui occupent, au final, le terrain. Ray Williams, président de la société US Aircraft et fondateur de US Technology Corporation, a donc proposé un petit avion spécialement dédié aux opérations urbaines, contre les guérillas et les actes de piraterie. Le A-67 Dragon, dont deux prototypes volent et intéressent la Garde nationale américaine et les forces spéciales, mélange rusticité (il est comparé à un Puccara amélioré) et nouvelles technologies. Il est déclinable en trois versions, au moins : le soutien aux forces terrestres (MKI-COIN), intégration possible du missile Hellfire avec cinq point d’emports), le renseignement ELINT et COMINT (MKII-ISR) et la surveillance pure avec la possibilité de le transformer en drone. Cet avion dispose de 11 heures d’autonomie en vol (capacité d’emporter 30 % de carburant de plus qu’un Super Tucano) avec un système de pilotage volontairement non hydraulique, mais par une double tringlerie. Le coût d’emploi par heure du A-67 Dragon est de 280 dollars contre 300 dollars pour le Super Tucano, environ 5 000 dollars pour un hélicoptère d’attaque, et 1 000 dollars pour un UAV Predator A. La cible export visée serait mondiale, du Moyen-Orient à l’Asie.

Le “Bi Ho” de Doosan
La société coréenne Doosan propose des systèmes de défense sol-air “Bi Ho” avec des canons de 30 mm (portée de 3 km) montés sur des véhicules à chenilles (25 tonnes). Il peut emporter quatre personnes pour une autonomie de 500 km.
Le 14e Rafale marine livré
Le quatorzième Rafale de la flotille 12F a été livré à la marine la semaine dernière. Il s’agit du quatrième au standard F2 (les dix premiers sont au standard F1, limité aux missions air-air). Courant juin et jusqu’à début juillet, les Rafale du porte-avions “Charles-de-Gaulle” ont validé des tirs de missiles, notamment l’AASM, l’AM-39 Exocet, ou le pod de désignation laser Damoclès. Ces essais permettent aussi au “Charles-de-Gaulle” de préparer les aménagements des Rafale au standard F2 et F3. Le porte-avions français sera immobilisé pour son IPER dès le 1er juillet, pour une remise aux mains de l’industriel DCNS le 1er septembre.
Le drone d’Infotron

La société française Infotron présente sa famille de drones à voilure tournante à décollage et atterrissage vertical, IT 180-5. IT 180-5 TH et IT 180-5 EL ont été développés pour une grande variété d’applications, que ce soit dans les domaines civils ou militaires avec un coût d’acquisition et de maintenance des plus bas du marché. Le IT 180-5 est propulsé soit par un moteur thermique 2 temps de 26 centimètres cubes (IT 180-5 TH) ou par un moteur électrique de type «brushless» (IT 180-5 EL). Les deux versions permettent d’emmener une charge utile maximale de 5 kilogrammes qui peut être fixée sur le dessus ou/et en dessous du drone.
En conférence depuis le BPC
La DGA et la marine nationale réalisent tous les jours des démonstrations de l’utilisation des télécommunications spatiales dans la conduite des opérations militaires. Deux fois par jour, le commandant du BPC, croisant au large de l’Afrique du Sud, est en visioconférence avec le stand défense du Bourget via une liaison satellite Syracuse3. Il offre des débits dix fois plus importants que la génération précédente.
Coopération sur les radars ?
Le groupe russe Almaz-Anteï de Vladislav Menshchikov a confirmé à TTU ses négociations en cours pour la recherche de partenariat (Thales, EADS...) sur le développement de technologies électroniques.
Sagem-HAL
Sagem Défense Sécurité (Groupe Safran) et Hindustan Aeronautics Ltd (HAL) annoncent avoir signé, le 20 juin, au Bourget, un accord en vue d’un joint-venture en Inde pour la production et la maintenance de systèmes de navigation inertielle et de systèmes de pilotage automatique.
Thales signe avec Samtel
Thales et l'indien Samtel Display Systems (SDS) ont signé un joint-venture, lors du Salon du Bourget, portant sur la production, en Inde, de systèmes montés sur casque et d'autres éléments d'avionique. Le groupe européen chercherait à s'implanter davantage sur le marché indien, alors que Samtel, fournisseur de Thales, d'Elbit et de Rockwell en tubes cathodiques, est en recherche de transferts de technologies et de savoir-faire. Rappelons que Thales a remporté le contrat de fourniture des systèmes montés sur casques des futurs MiG-29K de l'aéronavale indienne. SDS, au travers de ce joint-venture, espère ainsi pouvoir équiper en systèmes similaires les plates-formes déjà en service au sein des forces indiennes, notamment les Jaguar et les MiG-29.
Le MV-22 bon pour le service
Alors que Bell vient de livrer le centième fuselage pour ses rotors basculants, l’USMC prépare le déploiement de ses MV-22. Annoncé en avril dernier, il a été préparé par plusieurs centaines d’heures de vol dans les déserts américains d’Arizona et de Californie. Quatre appareils au standard block B de la VMX-22 ont été utilisés pendant dix-huit jours pour passer en revue les scénarios d’emploi auxquels les appareils auront à faire face en Irak. Les convertibles ont permis de réviser les tactiques et procédures sur le théâtre irakien. Un tiers des vols ont été conduits de nuit et les appareils ont emporté de 22 à 24 Marines équipés. A l’issue de ce travail, le MV-22 a reçu «le feu vert pour faire la guerre», selon les représentants des Marines croisés au Salon du Bourget. Dix appareils de l’escadron VMM-263 seront engagés en septembre. Les Marines ne savent pas encore si les appareils rejoindront l’Irak. Il est, en revanche, acquis que les MV-22 seront équipés de leur perche de ravitaillement en vol et d’une mitrailleuse M-240 d’autodéfense fixée sur la rampe arrière. Ils seront utilisés dans des missions de soutien logistique, de transport de personnel et d’évacuation de blessés. «Le premier blessé que nous ramènerons justifiera à lui seul l’ensemble du programme», explique un officier supérieur, en rappelant que le MV-22 offrira une “survivabilité” supérieure aux vieux CH-46E. «L’enveloppe de vol du MV-22 est la meilleure de ses protections. La capacité d’accélération offre des profils de vol mettant l’appareil hors de portée des armements légers et des missiles antiaériens portables. Le MV-22 évolue à 14 000 ft (4 200 m) en croisière, bien plus haut que les hélicoptères, qui restent en permanence dans des zones de vulnérabilité.» Les Marines comptent sur la faible signature sonore de l’appareil en croisière, conjuguée à sa capacité de décélération très rapide. «Si on entend le MV-22, c’est qu’il est déjà posé.» Les problèmes anticipés sont l’érosion des pales et des turbines due au sable et à la poussière. Des contractants civils participeront à la maintenance de l’appareil au sein d’un pool de techniciens et mécaniciens qui dépassera 150 personnes. Le V-22 va engager une nouvelle bataille à l’automne, avec la négociation d’un nouveau contrat d’acquisition pluriannuel sur 167 appareils sur cinq ans. Les négociations sur les prix devraient aboutir avant la fin de l’année.
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