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Directeur: Guy Perrimond |
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Lettre d'informations stratégiques et de défense |
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Dossier |
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Géorgie: Premiers bilans |
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Septembre 2008, par Guillaume Belan |
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Crédits: Guillaume Belan |
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Troupes géorgiennes en exercice. Crédits: Georgian MinDef |
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Bilan stratégique "La Russie avait prévenu que leur réponse à la déclaration d'indépendance du Kosovo serait assymétrique. Puis il y a eu le decrêt du 16 avril établissant des relations d'Etat à Etat entre Moscou et les provinces séparatistes, puis l’attaque des drônes géorgiens et maintenant il y a des éléments parachutistes qui n’ont rien de troupes de maintien de la paix en Abkhazie. Dernièrement les ingénieurs russes reconstruisent les infrastructures d'Abkhazie pour amener rapidement des renforts en cas de confrontations et enfin des survols réguliers d’avions russe en Ossétie du sud, violant notre espace aérien. C’est une violation manifeste de notre territoire. Le danger est reel." prévenait à TTU, le vice ministre des affaires étrangères Giga Bokeria. "Nous ne nous laisserons pas faire" menaçait-il seulement quelques jours avant le début de la guerre. "Ceux qui s’en prennent à notre souveraineté et notre démocratie, outrepassent nos limites. C’est le cas de la Russie". Le conflit du mois d'août, une guerre prévisible? La Russie faisait monter la tension depuis plusieurs mois, provoquant constamment la jeune démocratie. Malgrés cette tension montante, fin juillet nos interlocuteurs assuraient ne pas vouloir entrer dans le jeu de la Russie. "Les russes sont nerveux. Et ils déploient leurs troupes, spécialement en Abkhazie. Nous ne voulons pas commencer la guerre. Mais les russes continuent sans cesse de nous provoquer. Et ils franchissent souvent la ligne rouge. Il y a aujourd’hui une très grande probabilité de confrontation militaires, spécialement en Abkhazie" affirmait à TTU Temuri Yakobashvili, ministre pour la réintégration, en charge des zones de conflits. Le renforcement du dispositif russe était particulièrement vrai en Abkhazie. Là a peut-être été le calcul du Président Géorgien. Reprendre l'Ossétie du sud, où la présence russe était plus faible. "A Tskhinvali (la capitale sud-ossète), il n’y a rien et militairement c’est indéfendable" nous assurait Temuri Yakobashvili. Y a-t-il eu un plan militaire éxistant depuis 2005 pour reprendre le contrôle de l'Ossétie du Sud, comme l'affirme l'ancien ministre de la défense géorgien, Irakli Okrouachvili, aujourd'hui réfugié à Paris? Reprendre Tskhinvali, condamner le tunnel de Roki, principal point de passage entre la Russie et l'Ossétie du Sud, et miser sur la diplomatie américaine pour empêcher la réaction russe. Tandis que le couple Medvedv-Poutine paradait à Pékin... Mais c'était sans compter sur la réaction russe. Car manifestement Moscou était prêt. Tandis que le tunnel de Roki n'a pas été touché, rendant possible l'arrivée des chars russes. Sans parler du mutisme diplomatique de Washington. Le résultat aujourd'hui est une Géorgie éclatée. L'Ossétie du Sud et l'Abkhazie retournent au Caucase russe. Le port de Poti reste occupé (lieu du terminal pétrolier en provenance de Bakou pour 100 000 barils de pétroles par jour). Avec peut-être l'ouverture d'une base navale à Soukhoumi. Une situation qui pourrait par ailleurs faire tâche d'huile sur d'autres théâtres de conflits gelés (voir l'article Caucase du Nord: vers l'instabilité?). |
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Soldats géorgiens en manoeuvre. Crédits: Guillaume Belan |
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Bilan militaire Contrairement à ce qu’affirme Tbilissi, les pertes de l’outil militaire géorgien ne seraient pas si importantes que ce qui a été annoncé. Des quatre bases militaires abritant les quatre grandes unités de manœuvre de la jeune armée, seule celle de Gori aurait véritablement souffert. 30 à 40 % des infrastructures de cette dernière auraient été détruites. La base flambant neuve de Sénaki n’aurait subi aucun dommage, si ce n’est des vols de petits matériels. Quant à celles de Vaziani et de Kutaisi, aucun dommage ne serait à relever, excepté le bombardement de la piste de vol de l’ancienne base russe. A noter que le centre d'entraînement de montagne de Satchkéhré, monté avec le soutien de la France (27e BIM), aurait été sauvé grâce à l’intervention sur place de l’ambassadeur français, Eric Fournier. Les formations ont temporairement cessé, mais les alpins français devraient reprendre du service dès le mois de janvier. Au final, plus que de lourdes pertes, les Russes ont réussi à complètement désorganiser les unités géorgiennes. Les derniers bilans font état de 160 soldats géorgiens morts (d’autres sources géorgiennes évoquent plus de 300 morts et un nettoyage ethnique). Tbilissi aura néanmoins réussi à gêner l'armée russe sur un point: la troisième dimension. Cinq avions de chasses et un bombardier stratégique (Tu-22) ont été abattu par des systèmes de défense anti-aérien géorgiens BoukM1 (SA-11), livrés par l'Ukraine et rétrofités par Israël, génant aussi la reconnaissance aérienne russe. Ce qui explique le manque d'éfficacité des bombardements russes à l'intérieur du pays et le peu de dégâts provoqués sur les bases géorgiennes. Côté équipement, le plus gros des pertes a été enregistré dans l’armée de terre, notamment sur la composante blindée. Les premières estimations font état d’une perte de 30 % du potentiel de l’armée de terre. Sur la centaine de T-72 ukrainiens modernisés, une trentaine seraient toujours dans les mains des Russes. Côté artillerie, la quasi-totalité des automoteurs Dana serait toujours en état de marche. Concernant l’armée de l’air, la petite dizaine de Su-25 n’auraient pas été touchés par les bombardements. L’armée de l’air aurait perdu par contre trois hélicoptères Mi-24. Le bilan est beaucoup plus catastrophique concernant la marine, déjà mal équipée avant les hostilités. Les trois plus grosses unités géorgiennes, des patrouilleurs lance-missiles, ont été perdues, l’un au combat et les autres sabordés par les Russes à Poti. Il resterait cependant bon nombre des fast boast pneumatiques. Leur perte est estimée de l’ordre de 30 % sur la soixantaine en dotation. Les gardes-côtes enregistrent, eux aussi, de lourdes pertes. Sur la flotte constituée de six ou sept vedettes flambant neuves américaines, il n’en resterait aucune. Bref, un mois après la Blitzkrieg russe, les capacités militaires de Tbilissi ne sont pas aussi dévastées que cela. Et le programme de modernisation de l’armée devrait se poursuivre. |
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Une semaine avant le début de la guerre, la base de Vaziani accueillait 1000 soldats américains pour l'exercice "Immédiate Response 08" crédits: Guillaume Belan |
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Bilan politique Le Parlement géorgien avait voté, à la fin juillet, l’augmentation des effectifs de 32 000 à 37 000 hommes pour 2010. Enfin, politiquement, l’adhésion au MAP (Membership Action Plan) de l’Otan pourrait être relancée. Les principaux opposants à l'entrée de la Géorgie dans l'Alliance, ou du moins à l'étape intermédiaire du MAP, fléchissent leurs positions. Au premier rang desquels, l'Allemagne, qui par la voix d'Angela Merkel, déclarait ne plus s'y opposer. Par ailleurs l’outil militaire géorgien ne devrait pas nécessiter d'investissements si importants pour se remettre à niveau. D’autant plus que les Américains devraient se révéler généreux. Réponse russe : la demande à l’ONU d’un embargo sur l’armement. |
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T-72 géorgiens en manoeuvre. Une trentaine de T-72 seraient dans les mains des russes. Crédits: Georgien MinDef |
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Un Mi-24 et deux Su-25 géorgiens. Deux Mi-24 ont été perdu pendant la guerre crédits: Georgien MinDef |
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