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- Talal Hussein Hamiyé vient d’être nommé chef militaire du Hezbollah, à la place d’Imad Moughniyeh, assassiné le 12 février à Damas. Cette disparition continue néanmoins de provoquer des remous au sein du mouvement chiite. Elle laisse apparaître une ligne de fracture en son sein entre le courant “pragmatique” pro-syrien, incarné par le secrétaire général du mouvement, Sayyed Hassan Nasrallah, et celui de son adjoint, Naïm Kassem, très proche des gardiens de la Révolution iraniens. Le premier courant soupçonnerait une partie des services de sécurité syriens d’être responsable de l’assassinat de Moughniyeh, survenu à quelques mètres du bureau du chef des renseignements généraux syriens, Ali Mamlouk. Ou du moins d’avoir laissé agir en toute impunité des agents israéliens. Il faut dire que les méthodes de Moughniyeh étaient critiquées par certains responsables des services syriens, qui estimaient que les derniers attentats commis au Liban avaient laissé une “signature” un peu trop visible. Notamment celui qui a coûté la vie au général François el-Hajj, le 12 décembre dernier. L’enquête des services libanais aurait en effet montré que la voiture piégée qui a servi à l’assassinat du général provenait de la banlieue sud de Beyrouth, fief du Hezbollah. Depuis l'assassinat, trois personnes avaient repris les attributions de Moughniyeh: son cousin Moustapha Badr Eddinne (alias Elias Saab), qui avait organisé avec lui le détournement d’un avion de ligne koweïtien dans les années 80, en charge de l’aile militaire du Hezbollah, tandis que Talal Hussein Hamiyeh avait récupéré la direction de ses opérations extérieures et Ibrahim Akil celle du contre-espionnage et des affaires israéliennes. La succession d’Imad Moughniyeh au sein du Hezbollah s’était révelée compliquée, compte tenu de ses responsabilités multiples : à la fois chef militaire opérationnel du parti et agent de liaison avec les services de renseignements syriens, les autorités iraniennes, les pasdarans et les organisations palestiniennes radicales (Hamas, Djihad islamique et FPLP-CG d’Ahmed Jibril). Moughniyeh jouait un rôle aussi important que celui du secrétaire général du parti, Sayyed Hassan Nasrallah, et c’est lui qui semblait diriger dans les faits le Conseil consultatif exécutif, plus haute instance du parti, surtout depuis la guerre de l’été 2006.
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