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Directeur: Guy Perrimond |
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Lettre d'informations stratégiques et de défense |
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L’armée allemande a trouvé son baron |
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28/10/2009 |
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La désignation de Karl-Theodor zu Guttenberg au poste de ministre de la Défense du nouveau gouvernement d’Angela Merkel fait la joie des militaires allemands. Après avoir souffert, pendant quatre ans, du manque d’assurance et de convictions de Franz-Josef Jung, qui abandonne le maroquin de la Défense pour celui de l’Emploi, la Bundeswehr semble avoir tiré la bonne carte.
En effet, malgré son jeune âge (38 ans), le baron Maria Nikolaus Johann Jacob Philipp Franz Joseph Sylvester Karl-Theodor zu Guttenberg réunit nombre des qualités nécessaires pour assumer ce poste difficile. Issu de la noblesse d’Allemagne du Sud, M. zu Guttenberg, qui est devenu sous-officier de réserve après un passage chez les chasseurs alpins, est tout à la fois la «révélation politique» de l’année 2009 et le plus jeune ministre de la Défense qu’ait connu l’Allemagne. Encore inconnu du grand public il y a dix mois, la crise du parti chrétien social bavarois (CSU) a favorisé son ascension rapide.
Après un passage au poste de secrétaire général du parti, il a été nommé ministre fédéral de l’Economie au début 2009 et s’est immédiatement retrouvé aux prises avec la crise et l’épineux dossier Opel-General Motors. S’il est difficile de tirer un bilan sur les huit mois qu’il a effectué à ce poste, M. zu Guttenberg a néanmoins pu montrer de quel métal il était forgé. Dans l’affaire Opel, il a fait preuve de fermeté, n’hésitant pas à s’opposer publiquement à Angela Merkel, mais aussi de rapidité à s’emparer des dossiers et à les défendre, en Allemagne comme à l’étranger. Le «dada» du jeune baron est, en effet, la politique étrangère.
Parfaitement à l’aise en anglais, il est notamment président du groupe parlementaire germano-britannique et membre de plusieurs commissions parlementaires, dont celles des Affaires étrangères et de la Défense. Il parle également le français, et s’est déjà rendu en France pour y consulter des experts de la Défense. Enfin, bien que noble et multimillionnaire, Karl-Thedor zu Guttenberg a le contact simple et le verbe facile.
Et, ce qui ne gâche rien, l’un de ses grands-oncles a fait partie du cercle des militaires qui, sous la houlette du comte Stauffenberg, ont tenté en vain d’assassiner Adolf Hitler. Pour la Bundeswehr, qui vit difficilement sa restructuration et son engagement en Afghanistan, il est donc rassurant de savoir qu’elle va avoir un chef capable de monter au créneau pour défendre ses hommes.
Mais malgré toutes ses qualités, M. zu Guttenberg n’aura pas la partie facile. D’abord parce que la situation budgétaire est mauvaise. Ensuite parce que le nouveau gouvernement allemand a réaffirmé l’importance de son engagement en Afghanistan, au moment même où les sondages montrent qu’une majorité grandissante de citoyens sont favorables à un retrait rapide du contingent allemand de la FIAS. Quand un soldat allemand tombera au combat, c’est à lui que reviendra la lourde tâche d’expliquer aux Allemands pourquoi l’engagement de la Bundeswehr dans les marches de l’Hindou Kouch est inévitable.
Par ailleurs, le parti libéral, dont le chef Guido Westerwelle devient le nouveau ministre des Affaires étrangères, veut définitivement bannir les derniers missiles nucléaires américains du sol allemand. Si cette mesure est mise en œuvre, M. zu Guttenberg devra aussi gérer le recyclage ou la suppression d’un escadron aérien entier. Et puis il reste encore à mener les missions que lui assigne le programme de gouvernement. A partir du 1er janvier 2011, le service militaire sera ramené de neuf à six mois. C’est un premier pas vers une armée de métier, alors même que 62 % des Allemands sont encore favorables au maintien du service militaire. “Last but not least”, le jeune ministre doit réunir rapidement une commission qui planchera sur une réorganisation de la Bundeswehr. Des propositions concrètes sont attendues pour la fin 2010.