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Directeur: Guy Perrimond
Rédacteur-en-chef : Guillaume Belan

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Lettre d'informations stratégiques et de défense

La relation franco-algérienne en panne

29/01/2010

kouchner

Méfiance envers la France

L’annulation, la semaine dernière, de la visite prévue à Alger du ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, serait liée à la décision française de renforcer les mesures de sécurité dans les aéroports, notamment à l’égard des Algériens.

Un élément de plus parmi les sujets de friction entre les deux pays. La tension était montée d’un cran l’année dernière, lors de l’arrestation par la police française, à Marseille, de Mohamed Ziane Hassani, responsable du protocole de l'Etat algérien soupçonné d’être impliqué dans l’assassinat à Paris, en 1986, de l’opposant algérien Ali Mecili. Le ministre de l’Intérieur de l’époque, Charles Pasqua, avait alors décidé d’extrader vers l’Algérie les assassins présumés de Mecili.

Concernant l’arrestation de Hassani, malgré son statut de diplomate, le Président Abdelaziz Bouteflika considère qu’il s’agit d’une atteinte à la souveraineté algérienne. Signe de son mécontentement, il a annulé la visite qu’il devait effectuer en France en 2009.

La tension était aussi palpable entre le Président algérien et son homologue français, lors de la visite privée de quelques heures que le premier a effectuée à Paris, en décembre dernier, durant le sommet de Copenhague, pour se rendre au chevet de son frère Abdel Ghani, hospitalisé à Paris.

En effet, Nicolas Sarkozy, présent à Copenhague, n’aurait même pas réussi à joindre son homologue au téléphone lors de son déplacement. Enfin, malgré les propos rassurants du général William E. “Kip” Ward, chef du commandement militaire américain pour l'Afrique, les Français voient d’un mauvais œil l’Algérie accorder des facilités aux forces aériennes américaines, à Tamanrasset, et permettre l’ouverture d’une antenne du FBI à Alger.

 

Main tendue vers les américains

Car à Alger, les autorités semblent voir d'un bon oeil un rapprochement avec les américains, considérés comme une aide précieuse dans la lutte contre le terrorisme.

Malgré une baisse en 2009 du nombre de victimes militaires du terrorisme en Algérie, la guerre contre les groupes djihadistes reste une priorité des autorités d’Alger. D’autant que les terroristes, renforcés par de nombreux éléments venus d’Afghanistan et d’Irak, ont des moyens de plus en plus sophistiqués, comme le montre le nombre d’attentats à distance (qui font désormais plus de victimes que les affrontements directs).

Pour faire face à cette menace, Alger aurait demandé à Washington la fourniture de matériel performant, notamment des drones Predator, des hélicoptères d’attaque AH-64 Apache et des missiles antichars TOW. Des équipements dont le prix s’élèverait à deux milliards de dollars. L’administration américaine n’a pas encore accédé à ces demandes, alors que les Russes sont également sur les rangs, surtout dans la perspective de la prochaine visite à Moscou du président Bouteflika.

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