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Directeur: Guy Perrimond |
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Lettre d'informations stratégiques et de défense |
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Somalie: Afflux de djihadistes étrangers |
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07/10/2009 |
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L’attentat suicide contre le QG de la Mission de l’Union Africaine en Somalie (AMISOM), à Mogadiscio, vient confirmer un peu plus l’importation du savoir-faire et des techniques djihadistes dans cette zone. L’opération a coûté la vie à une vingtaine de personnes, dont le général burundais Juvenal Niyoyunguruza, numéro deux de la mission, et légèrement blessé son patron, le général Nathan Mugisha, qui échappe ainsi à son troisième attentat.
Les deux véhicules piégés, siglés aux couleurs de l’Onu, ont franchi les postes de sécurité de l’AMISOM, en s’insérant au sein d’un convoi de la force internationale. Signe de la bonne préparation de l’attaque, celle-ci est intervenue lors d’une réunion entre les officiers de l’AMISOM et des responsables du gouvernement somalien. Les miliciens islamistes ont tiré simultanément plusieurs obus de mortiers contre le QG de l’AMISOM.
Le second véhicule piégé visait, lui, les bâtiments abritant la société de sécurité américaine DynCorp, qui assure des missions d’assistance au profit de l’AMISOM depuis 2007. Cette deuxième attaque n’a causé que des blessés (dont un sérieux) parmi les conseillers militaires étrangers. Les deux véhicules utilisés pour ces attaques ont été dérobés lors du pillage des bureaux de l’Onu à Jowhar et à Baidoa, en mai et en juillet derniers, et une demi-douzaine de véhicules portant des marquages onusiens sont encore aux mains des milices islamistes.
Ces attentats ont été présentés comme une action de représailles à la mort de Saleh Ali Saleh Nabhan, tué lors d’une opération héliportée des forces spéciales de l’US Navy, le 14 septembre, dans le district de Barawe, à 250 km au sud de Mogadiscio. Plusieurs combattants, dont des étrangers, auraient également été tués, lors de cette opération, et deux autres capturés.
Selon certaines sources, l’un des hommes tués, ou peut-être capturés, pourrait être Sheik Hussein Ali Fidow, considéré comme un haut responsable des milices islamistes Al-Shabab. Ali Saleh Nabhan était, quant à lui, considéré comme un responsable intermédiaire d’Al-Shabab, mais il constituait néanmoins l’un des pivots des relations des islamistes somaliens avec les groupes djihadistes à l’étranger.
Depuis plusieurs mois, en effet, les services de renseignement anglo-saxons s’alarment de l’augmentation du nombre d’étrangers se rendant en Somalie, «où se constituent des camps d’entraînement similaires à ceux présents au Pakistan». Selon le MI-5, une centaine de Britanniques, la plupart d’origine somalienne, ont ainsi transité par la Somalie depuis deux ans.
Deux d’entre eux ont même été tués lors d’une frappe américaine, en août 2007, près de la frontière kenyane. Et en août dernier, les services de sécurité australiens ont arrêté une vingtaine de personnes, placées sous surveillance depuis plusieurs mois, dont le noyau dur est suspecté d’avoir préparé une attaque contre les installations d’Holsworthy Barracks, dans la banlieue de Sydney.
Une base qui abrite plusieurs unités d’élite des forces australiennes, dont le 3rd Battalion, Royal Australian Regiment (3 RAR) et le 2nd Commando Regiment (2 Cdo Regt), ainsi que le Incident Response Regiment et le Tactical Assault Group, deux unités chargées de la lutte anti-terroriste. Selon les enquêteurs australiens, plusieurs de ces hommes, formés en Somalie et ayant établi un réseau avec des connexions en Grande-Bretagne et au Kenya, entretenaient des contacts réguliers avec des membres d’Al-Shabab. Une opération considérée comme un demi-succès, car l’un des principaux suspects a échappé au coup de filet des autorités australiennes et serait toujours en Somalie.