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Directeur: Guy Perrimond |
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Lettre d'informations stratégiques et de défense |
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Afghanistan: le plan Merkel |
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28/01/2010 |
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Angela Merkel, son ministre des Affaires étrangères, Guido Westerwelle, qui représente l’Allemagne à la Conférence de Londres, ainsi que Karl Theodor zu Guttenberg, le ministre de la Défense, et le général Wieker, nouveau patron de la Bundeswehr, ont dévoilé tour à tour, mardi 26 janvier, les détails de la «nouvelle stratégie» afghane de l’Allemagne. Berlin est prêt à envoyer 850 soldats en plus des 4 500 déjà présents en Afghanistan, 500 pour la «mission active» et 350 de réserve. La chancelière veut concentrer les efforts allemands sur «la formation des forces afghanes de sécurité» et la reconstruction. Le nombre de soldats investis dans la formation devrait passer de 280 à 1 400, selon M. Westerwelle. L’aide financière que l’Allemagne est prête à engager dans ces domaines augmentera en conséquence, de 220 millions d’euros actuellement à 430 millions d’euros. Pour mettre en œuvre ce programme, la «Force de réaction rapide» allemande sera dissoute et remplacée par deux bataillons, l’un de «formateurs» et l’autre de protection. Un troisième bataillon danois sera stationné dans la zone nord, a précisé le général Wieker. M. Guttenberg a loué le concept de «partnering» avec les forces afghanes, qui devrait permettre de «mieux occuper le terrain et ainsi d’isoler les poches de retrait des talibans». Par ailleurs, le ministre des Affaires étrangères a insisté sur l’importance de la mise en place d’un programme d’aide aux talibans «repentis», programme pour lequel son gouvernement est prêt à verser 50 millions d’euros. Pour la chancelière allemande, qui a précisé que cette stratégie avait été définie en coopération avec la France et la Grande-Bretagne, l’Allemagne doit clairement marquer sa position et son «nouvel engagement défensif». Mme Merkel et M. Westerwelle ont enfin précisé que tout devait être fait au cours des quatre prochaines années pour créer les conditions d’un retrait des troupes. M. Westerwelle a ainsi annoncé que la Bundeswehr commencerait, dès 2011, à retirer des soldats avec pour objectif final un retrait complet en 2014. Si l’on lit bien les déclarations faites, l’Allemagne, comme la France, ne compte donc pas envoyer plus de «combattants» en Afghanistan, mais bien plus de formateurs. Or, il y a quelques jours encore M. Guttenberg évoquait le besoin de 1 500 soldats supplémentaires. Dans le même temps, Berlin a présenté un calendrier de retrait des troupes très optimiste. En fait, les contours de cette nouvelle stratégie afghane sont autant influencés par les convictions personnelles des dirigeants allemands que par des considérations de politique intérieure. D epuis la «bavure» du bombardement de Kunduz, les citoyens allemands sont de plus en plus favorables à un retrait rapide de leurs troupes (71 %, sondage ARD). Par ailleurs, Mme Merkel a dû faire des compromis avec l’opposition sociale- démocrate. Le Bundestag sera, en effet, prochainement appelé à se prononcer sur le nouveau mandat et sur les crédits qui vont avec. L’appui du SPD n’est pas encore acquis. Or, à quelques semaines d’importantes élections régionales, la chancelière a besoin d’un large soutien politique pour pouvoir justifier sa stratégie afghane face aux Allemands. Merkel ne peut se permettre de devenir la «chancelière va-t-en guerre». |
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