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Directeur: Guy Perrimond |
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Lettre d'informations stratégiques et de défense |
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Obama: quelle approche pour l'Iran? |
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12/02/2009 |
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Si Barack Obama et Hillary Clinton se sont choisi un émissaire pour le Moyen-Orient, George Mitchell, et un autre pour le Pakistan et l'Afghanistan, Richard Holbrooke, ils hésitent toujours pour le titulaire de la gestion du dossier iranien.
Un moment, ils ont songé à Dennis Ross. Ancien émissaire pour le Moyen-Orient, celui-ci a longuement travaillé sur le conflit israélo-palestinien et a conduit l'équipe de médiateurs américains lors des négociations inabouties de Camp David, à la fin de la présidence Clinton. Accusé alors de partialité par le camp arabe, il apparaît, de fait, proche de l'AIPAC, la très officielle organisation de lobbying pro-israélien aux Etats-Unis. Il a aussi présidé, depuis sa fondation en 2002 et jusque récemment, le Jewish People Policy Planning Institute, créé par l'Agence juive, dont le siège se trouve à Jérusalem. Cela devrait le disqualifier pour négocier avec les Iraniens.
Mais qui d'autre alors ? Aucun nom, pour le moment, n'apparaît.
En ce qui concerne le nucléaire iranien, Obama a choisi Gary Samore comme coordinateur pour les questions de prolifération à la Maison-Blanche. Spécialiste de ces dossiers, Gary Samore a travaillé sur le dossier nord-coréen du temps de la présidence Clinton en tant que directeur pour la non-prolifération auprès du Conseil national de sécurité. Il a reconnu avoir participé, en juillet dernier, à La Haye, à un échange avec des responsables iraniens sous l'égide de l'ONG Pugwash, mais à titre personnel, comme tous les autres participants, et sans mandat particulier. Informé par un autre participant à cette réunion, TTU peut affirmer qu'il n'en est rien sorti de concret. William Perry, secrétaire à la Défense sous Bill Clinton, a aussi participé à une réunion de Pugwash. Voilà pour les contacts officieux qu'aurait eus, selon une rumeur récente, l'administration Obama avec l'Iran.
Mais au-delà des choix de personnes, quelle ligne adopter ? Là encore, Obama et son équipe hésitent.
Faut-il nouer le dialogue avec l'administration iranienne actuelle, au risque de faire le jeu du président Ahmadinejad, qui se représentera en juin prochain devant ses électeurs ? En attendant jusqu'à l'été, ne prend-on pas un autre risque, celui de devoir alors aborder un Ahmadinejad réélu, et donc renforcé ?
Sur le dossier nucléaire en particulier, de nombreuses pressions venant des Etats-Unis, d'Israël, mais aussi bien des dirigeants français ou britannique, poussent Obama à poursuivre la méthode de la carotte et du bâton pratiquée par l'administration Bush et le groupe de négociateurs européens. Gary Samore reconnaissait, en décembre, que cette méthode avait échoué, mais ne trouvait rien d'autre à conseiller que d'utiliser un plus gros bâton et une plus grosse carotte, et de prier aussi pour que la baisse du prix du pétrole rende l'Iran plus compréhensif.
En attendant de faire ses choix, l'administration Obama semble pratiquer, faute de mieux, la diplomatie du porte-voix. Suzan Rice, représentant les Etats-Unis à l'ONU, vient d'expliquer que l'Iran devait, avant tout dialogue, appliquer les résolutions des Nations unies, à savoir arrêter sa production d'uranium enrichi, ce à quoi il se dérobe obstinément depuis plus de trois ans. Ce nouvel appel ne le fera sans doute pas changer d'avis. Hillary Clinton invite l'Iran à “desserrer le poing” pour saisir la main tendue des Etats-Unis, mais ne dit rien du bâton des sanctions qui menace Téhéran. Le vice-président des Etats-Unis, Joe Biden, vient de tenir à Munich des propos que l'on aurait pu attendre de son prédécesseur : «Maintenez le cap actuel et vous connaîtrez pression et isolement. Renoncez à poursuivre votre programme nucléaire illicite et à soutenir le terrorisme, et vous recevrez d'importantes contreparties.»
Nicolas Sarkozy, jamais de reste, vient de déclarer que, après le lancement d'un satellite de télécommunication par Téhéran, «la seule solution, c'est de renforcer les sanctions contre l'Iran».
Face aux ombrageux Iraniens, aucun de ces propos ne semble aplanir les voies du dialogue qu'Obama paraît toujours vouloir nouer.