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Directeur: Guy Perrimond |
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Lettre d'informations stratégiques et de défense |
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Une nouvelle génération d’IED |
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22/01/2010 |
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Explosion d'un IEE en Afghanistan |
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Les insurgés afghans disposent désormais de leur propre capacité de production d’engins explosifs improvisés (IEE ou IED: improvides explosive device). Ils emploient ainsi des composants locaux et développent de nouveaux IED plus difficilement détectables, car contenant moins de composants métalliques et un circuit électronique réduit. Selon Chris Hunter, un ex-démineur du contre-terrorisme britannique qui a fondé la société de conseil Kratos Enterprises, certains des IED récemment utilisés par les talibans proviennent du Pakistan et bénéficieraient de l’expertise de combattants étrangers ayant acquis une expérience dans le Caucase. Des informations confirmées par un récent rapport de l’ISAF, qui souligne que les insurgés remplacent le métal des IED par des composants en graphite et les explosifs des obus ou des munitions non explosés (UXO) par du nitrate d'ammonium. Plusieurs sources sécuritaires craignent, en outre, que la production pakistanaise d’IED à base de nitrate d’ammonium détourné ne s’industrialise dans le sanctuaire des zones tribales. Entre 2007 et 2009, les explosifs artisanaux utilisant du nitrate d'ammonium ont en effet augmenté de 80 à 90 %. Le rapport pointe ainsi une «disponibilité croissante d'IED et d'explosifs» et assure que «l'insurrection afghane peut se soutenir elle-même indéfiniment». Par ailleurs, le document de ISAF soulignait l’accroissement notable de la taille et de la puissance des IED employés par les talibans à la fin de l’année dernière. Selon la force multinationale, la part des explosifs de moins de 11,3 kilogrammes (25 livres) est passée de 59 % à 20 % en l'espace de dix-huit mois. Les engins piégés de plus de 45 kilogrammes (100 livres) représentent désormais plus de 15 % des IED employés, contre 10 % auparavant. Un accroissement lié à une volonté des artificiers talibans de développer leurs propres charges explosives, non limitées par l’association d’UXO, et une adaptation tactique allant dans le sens de l’augmentation des charges, afin d’atteindre, par l'effet de souffle, l’équipage des nouveaux engins blindés de type MRAP, mieux protégés contre les fragments. C’est ainsi que la charge explosive qui a tué, à la fin décembre, la journaliste Michelle Lang et quatre militaires canadiens a propulsé et retourné le blindé léger de type LAV à près de dix mètres du point d’explosion. Selon des sources sécuritaires canadiennes, qui ne souhaitaient pas, en début de semaine, divulguer leur évaluation de la charge explosive employée, l’engin aurait été placé dans un tunnel creusé sous la route. Les IED constituent, aujourd'hui, la principale menace contre les troupes occidentales en Afghanistan. Le nombre d'IED utilisés a bondi de 400 % depuis 2007, entraînant une hausse de 400 % du nombre de militaires tués et de 700 % celui des blessés, selon une étude du Homeland Security Market Research. Sur les 448 militaires de la coalition morts en opération en 2009, 280 ont été victimes d’IED, dont 48 militaires britanniques (sur 108) et 129 américains. Outre la hausse de la puissance explosive, le nombre d’engins est également en croissance exponentielle. En 2009, il y a ainsi eu quelque 7 228 incidents impliquant des engins piégés, contre 4 168 en 2008 et seulement 81 en 2003. Ce chiffre prend en compte les explosions, les découvertes, les neutralisations et les signalements d'engins explosifs par des civils. Il s’agit d’une croissance inquiétante de l'emploi des engins piégés et de leur efficacité, en dépit des 15 milliards de dollars dépensés dans le développement des technologies de lutte contre les IED au cours des cinq dernières années. Certaines sources craignent désormais une spécialisation technique de ces engins, avec le développement de systèmes destinés à des emplois antipersonnels et des engins à charge creuse de type EFP. Outre l’efficacité militaire, plusieurs sources britanniques soulignent l’impact des IED sur les opérations de la coalition, entraînant une timidité dans les sorties des unités. Selon des militaires britanniques, les chiens restent l’un des moyens les plus sûrs pour la détection d’engins piégés, mais le dispositif requiert un nombre important d’animaux et de temps. Un récent rapport du Pentagone estimait urgent le déploiement de moyens de détection et de surveillance aériens supplémentaires et le développement de systèmes de brouillages pour les engins utilisant des réseaux sans fil ou des dispositifs optiques. Selon des études américaines, le développement de moyens permettant de contrer cette seconde génération d’IED devrait coûter quelque cinq milliards de dollars par an. |
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