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Directeur: Guy Perrimond |
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Lettre d'informations stratégiques et de défense |
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Les précautions de Téhéran |
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30/06/2009 |
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Alors que le second essai d’un missile Sejil-2, d’une portée d’au moins 2 000 km, le mois dernier, vient souligner l’accélération du programme balistique iranien, Téhéran a entrepris d’importants travaux visant à disperser et à enterrer ses sites de lancements.
Les installations situées à proximité du camp de l’imam Ali, à l’ouest de Khorramābād, ont ainsi été activement développées depuis 2008. La base de l’imam Ali, à Khorramābād, abritait déjà la brigade al-Hadid, des gardiens de la Révolution, qui disposent d’au moins cinq batteries de trois lanceurs.
Les travaux au nord des premières installations, dans une zone située au cœur d’un relief accidenté, se démarquent du complexe de l’Imam Ali avec de nombreuses installations creusées dans la montagne, disposant de larges entrées, ce qui laisse présumer que le site peut abriter des lanceurs balistiques. Une solution qui doit permettre à Téhéran de disposer d’installations de préparation, notamment pour le remplissage des réservoirs des Shahab 3 et des Shahab 3M, à l’abri de moyens de détection américains et israéliens. Deux zones clairement dégagées à proximité des tunnels de Khorramābād permettent une mise en batterie rapide des lanceurs.
Ces nouvelles installations complètent celles du site de Kermânchâh, développées depuis le milieu des années 90, et un complexe similaire situé près de Tabriz. Ce dernier apparaît cependant bien plus exposé à une frappe aérienne que Khorramābād et Kermânchâh, vu sa localisation au cœur d’une vaste plaine et sa proximité avec la frontière turque.
Des observations satellites laissent apparaître ce qui semble être des travaux de construction d’au moins deux silos de lancements enterrés. Certains observateurs s’interrogent néanmoins sur l’opportunité pour Téhéran de figer ainsi ses missiles, en les rendant vulnérables à des munitions “bunker-busters”, type BLU-109, BLU-113 et BLU-116.
De fait, pour plusieurs experts, le programme balistique iranien Tabriz ne constituerait qu’un centre d’essai balistique et un site de déploiement secondaire. A noter que les installations de Khorramābād et de Kermânchâh sont situées à 1 200 km des centres urbains israéliens, qui se trouvent donc ainsi en limite de portée des Shahab 3M, alors que les capacités de guidage de ces engins sont aujourd’hui limitées.
Tel-Aviv estime les stocks iraniens de Shahab 3 à une centaine d’engins et une quarantaine de lanceurs. Deux à trois lanceurs de type Sejil-2 seraient également opérationnels. Ces stocks devraient cependant s’accroître rapidement, l’objectif de Téhéran étant de disposer, à l’horizon 2015, de 500 lanceurs et d’un millier de missiles, dont une partie à propulsion solide, d’une portée de 2 000 à 2 500 km.
Enfin, il faut noter que l’Iran dispose aussi de sites plus au sud du pays. L’un est installé à proximité de Shiraz, probablement pour constituer un second rideau balistique, mais également orienté vers des cibles dans le Golfe. Un autre site est situé à moins de 350 km de la nouvelle base française aux EAU.
Missile Sejil-2
Crédits: CNR iranienne